Une fois n’est pas coutume, c’est bien pour une interview et non pour un concert que la rédaction d’Among The Living a rendez-vous à l’Elysée Montmartre. La salle Parisienne accueille Olga – alias Michael Algar pour les intimes – chanteur, guitariste et tête pensante des Toy Dolls. Montée en ’79, la formation a de la bouteille et n’est pas près de s’arrêter en chemin. L’occasion rêvée d’aborder les quarante bougies du groupe, qui fête un anniversaire en bonne et due forme avec la sortie d’un nouvel album et une tournée fournie !


olga toy dolls


Cela fait 40 ans que les Toy Dolls ont vu le jour. Qu’est-ce que cela te fait ressentir ? 

C’est drôle, car les gens continuent de me poser la même question année après année. Aujourd’hui, je me sens mieux et en meilleure santé qu’il y a dix, vingt ou quarante ans ! Sur scène, je continue de faire les mêmes mouvements et la même chorégraphie avec autant d’entrain. Il me reste à poursuivre ce que j’entreprends, et à voir combien de temps cela va pouvoir durer ! 

Ton groupe vient de sortir un nouvel album, Episode 13. Peux-tu nous en parler un peu ? 

J’ai voulu appeler l’album comme cela, car il s’agit de notre treizième album studio. Je trouve que Episode 13 sonne un peu comme un programme télévisé, c’est pour cette raison que j’ai été inspiré par une télévision pour illustrer la cover du disque. Nous avons pensé tout l’album comme une émission télé. 

Episode 13 reprend la même énergie positive et le grain de folie que tes derniers albums. Est-ce que cette dynamique est un moteur pour toi ? 

Le style des Toy Dolls est dicté par ma voix particulière, car je ne sais pas chanter autrement. En fait, je suis incapable de bien chanter. Peut-être que si je faisais quelque chose de différent avec un autre groupe, le style pourrait varier. J’adore jouer ce genre de musique, et je pense que notre audience, en bon public punk, sait aussi nous le faire savoir ! 

Trois versions karaoke de tes chansons sont disponibles dans les bonus tracks de ton dernier album. D’où est venue cette idée ? 

J’avais déjà vu pas mal de groupes ajouter des versions karaoke à la fin de leurs disques. Un de mes amis joue dans un groupe de karaoke, où l’audience se charge des paroles sur des mélodies punks jouées par le groupe. J’ai adoré le concept, et immédiatement pensé que cela pourrait être une bonne idée pour les Toy Dolls. Ces trois titres sont mes préférés, car ils n’incluent pas ma voix ! La guitare est valorisée, alors qu’elle est habituellement masquée par les backing vocals et mon chant. 

Comme tu es le seul membre du groupe à être resté depuis les débuts des Toy Dolls, est-ce que cela te rend plus solitaire dans ton processus de composition ? 

Absolument. Je compose tout seul, livré à moi-même dans une pièce isolée. Je suis incapable de travailler avec d’autres gens, et je suis plus créatif quand je suis indépendant. Je ne dis pas que je ne suis pas ouvert à l’hypothèse d’un travail collaboratif, si, un jour, je suis amené à bosser avec une autre personne. Actuellement, il ne me faut aucune distraction. Pour les répétitions des chansons des Toy Dolls, j’arrive avec toutes les parties écrites et les musiciens les interprètent. Avant de passer à la phase studio, nous réarrangeons tout et faisons de petits changements si c’est nécessaire. 



Une des chansons de ton dernier album s’appelle Richard Clayderman’s a creep. Peux-tu nous expliquer ce qui t’a motivé à écrire une chanson sur ce pianiste français ?

 

As-tu déjà vu à quoi il ressemble ? Il a joué dans une publicité anglaise il y a quinze ans. C’est un pianiste excellent, qui a vendu 30 millions de disques. Mais son visage n’a cessé de m’ennuyer au fil des années, avec son regard perturbant ! A chaque fois que je le voyais à la télévision, je me disais que c’était un creep, un type énervant. Quinze ans après cette fameuse publicité, je me suis dit que ce serait dingue d’utiliser ce mec dans une de mes chansons. Je suis très surpris de voir qu’il y a un assez grand nombre de gens qui ne le connaissent pas. Si je ne me trompe pas, je crois qu’il est actuellement en tournée, ce qui voudrait donc dire qu’il joue encore. D’après ce que je sais, Richard Clayderman n’est pas au courant pour la chanson. J’espère que ça ne l’embêtera pas si c’est un jour le cas ! A ses yeux, je serai alors probablement juste un punk insignifiant.

 As-tu l’impression que l’état d’esprit punk de tes débuts a évolué au fil des années, ou continues-tu à poursuivre les mêmes idées ?

Je pense que j’ai encore plus l’état d’esprit punk aujourd’hui ! Au début de ma carrière, je maîtrisais le son punk, mais l’attitude qui devait aller de pair n’était pas aussi forte que maintenant. Aujourd’hui, si quelqu’un était prêt à me donner 50 millions de pounds pour un disque, mais en me disant « fais ci, fais ça », je n’accepterais jamais. Je veux faire exactement ce que j’ai envie de faire. C’est ça l’esprit punk, faire ce qu’il te plait sans aucune concession. Je ne veux pas faire de la musique qui ne me fasse pas plaisir.

A Paris, il y a actuellement une controverse culturelle autour du Bon Marché, un magasin multimarques de luxe. L’objet de cette polémique concerne une exposition appelée So Punk, mêlant mode, décoration et accessoires visant à valoriser le style punk. Que ressens-tu face aux marques qui s’approprient le mouvement punk ?

C’est totalement négatif ! Je vois à quoi tu fais référence, car ils ont fait exactement la même chose en Angleterre. Ces grandes marques n’ont aucune idée de ce qu’est l’essence du punk. Dans ce genre d’expositions à visée mercantile, des groupes de punk se mettent parfois même à faire des concerts. Heureusement, certains ont le courage de se manifester pour dire « non, le punk ce n’est pas ça ». Il y a quarante ans, j’aurais peut être accepté d’y jouer contre un million de pounds par nécessité. Mais aujourd’hui, peu importe combien d’argent est impliqué, je ne le ferais pas car c’est fake.

 Les Toy Dolls vont amorcer la tournée du quarantième anniversaire du groupe très bientôt. Etait-ce une évidence pour toi de célébrer cette date-clé avec du live ?

Bien sûr, et c’est notre but ! Sortir un nouveau disque est très important, mais nous étions sur scène avant d’avoir enregistré quoi que ce soit. Même sans nouvel album, nous continuerions de faire des tournées. La série de concerts prévue n’est pas là pour promouvoir l’album. Nous envisageons ce nouveau disque comme une célébration des quarante ans du groupe. C’est le bon moment pour le faire !

Parmi la tournée des Toy Dolls, une série de dates françaises annonce la venue du groupe dans l’hexagone… Tu peux nous en parler un peu ?

Je suis très content de ces dates. C’est vraiment fou ! Je suis très surpris, car c’est un pays vraiment immense avec de nombreux lieux dédiés aux concerts. A Paris, nous allons jouer à l’Elysée Montmartre. Je suis heureux que nous puissions nous produire dans cette salle. J’adore les salles de concert anciennes, avec un vécu et du caractère. Nous avons joué en Hollande, où les salles sont aseptisées et blanches, trop modernes à mon goût. Même si le public est toujours adorable, je préfère jouer dans des lieux personnalisés comme celui-ci ! Nous avons hâte de revenir auprès de nos fans français.


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