Among The Living
Live Report

HELLFEST 2022 – Part 2

HELLFEST Open Air 2022 – Part 2
23-24-25-26 Juin


La deuxième partie du Hellfest : comment les festivaliers y retournent-ils ? Comment l’appréhendent-ils après les grosses journées de chaleur de la première partie ? Comment gérer cette deuxième partie qui dure quatre jours ?

Il y a ceux qui préfèrent aller sur les mainstages et se rassurer en regardant des légendes qui parfois ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes. Il y a aussi les autres qui vont sur les scènes comme la Altar la Temple, la Valley ou la Warzone pour découvrir de nouveaux talents ou des valeurs sûres.

Mais tous recherchent ce petit frisson, cette petite étincelle (vieille ou jeune). Quoi qu’il en soit ils veulent ressentir de grosses sensations, du gros son et une bonne ambiance.

Bien sûr la prise de risque est moins grande sur les grosses scènes. Le festivalier est rassuré de voir, même de loin sur écrans géants : Guns N’Roses, Whitesnake, Scorpions, Sabaton ou encore Epica ou Nightwitch. Visuellement ils en ont pour leur argent avec des shows gorgés de grosses productions avec beaucoup de pyrotechnies, de murs de Marshall, de vidéos en guise de backdrops animés.

Avant de jouer sur les grandes scènes, Ghost, Wardruna, Eluveitie ou encore Tagada Jones faisaient leurs gammes sur les scènes du haut.



Même pour Tagada Jones. Je préférais les voir à l’époque sur le Warzone et de voir le public devenir fou et d’observer un cycle Pit faire le tour de la régie son dans un nuage de poussière irrespirable.

Alors avant d’idolâtrer à nouveau les anciennes légendes il est parfois intéressant de traîner sous les tentes ou sur la zone de guerre pour trouver la petite pépite de demain. Enfin, si on peut y accéder tellement ces zones peuvent déborder parfois.

Cette année encore les tentes se sont remplies quand il fait trop chaud sur le site. Les festivaliers profitent de l’ombre pour se reposer et reprendre des forces. Elles se remplissent aussi quand il pleut à verse et rendent leurs. accès impossible comme pendant le samedi après-midi avec Moonspell.

Déjà sous les tentes il y a une ambiance, un échange beaucoup plus fort avec le public.

Mais le grand frisson c’est de découvrir de nouvelles têtes, de nouveaux talents qui ne sont qu’au début de leur future grande carrière.



C’est le cas avec la découverte de Dätcha Mandala. Des jeunes français qui viennent de Bordeaux. Ils sont jeunes mais maîtrisent totalement les ficelles de la scène. C’est génial de voir la dextérité avec laquelle il nous envoie leurs morceaux. Incroyable de voir comment ils gèrent une scène, échanger avec le public d’une façon si naturelle. Ils ont l’avenir devant eux avec leur rock énervé proche du hard rock typé années 70. Une époque qui ne calculait rien, qui ne pensait qu’à l’échange avec le public, seulement l’amour du rock du sexe et des drogues.

La claque c’est aussi de voire monter en ébullition la Temple avec un Zeal & Ardor en osmose totale avec son public déchaîné. Une foule qui déborde jusqu’à la Valley. On ne peut qu’être en admiration et constater la montée en flèche de la reconnaissance indélébile d’un public encore plus important.


Day 1


Beaucoup de folk metal cette année.

Dans l’obscurité de la Altar on apprécie encore plus les solos de twin-guitars complètement des guitaristes virtuoses de Insomnium. Non seulement leurs sourires sont communicatifs mais la dextérité avec laquelle ils le font parait si facile.

Autarkh nous montre qu’il existe une vie après Dodecahedron. Le contenu des beats à base de des batteries électroniques par programmation donne un côté glacial aux titres. Les hollandais sont des taiseux, hauts perchés et donnent à leur prestation un côté très singulier en jouant un metal contemporain peut-être trop en avance sur son temps.



C’est aussi sur ces scènes couvertes que l’on peut ressentir au-delà de l’ambiance l’odeur (pas celle des aisselles de votre voisin quoique) de l’encens comme avec Tribulation ou encore partir en lévitation dans le brouillard de Cult of Fire. La prestation ritualisée est perdue dans une épaisse fumée. Des bougeoirs et de l’encens brulent entre deux guitaristes en position du lotus en lévitation sous deux cobras géants tandis qu’un chanteur cornu caché sous sa cagoule se trouve derrière une immense table recouverte d’objet indous. Complètement dingues ces tchèques !

Bien sûr Heilung est encore sous la Temple mais jusqu’à quand. Déjà qu’ils arrivent sur scène avec une dizaine de guerriers nordiques, rendant les planches trop étroites pour eux. On imagine aisément qu’à leur prochain passage au Hellfest ils seront sur l’une des scènes principales. Mais est-ce que le public de ces grandes scènes est à même d’apprécier les danois tout comme les norvégiens de Wardruna cette année ?



De plus, cette scène dédiée au black metal permet aussi aux formations scandinaves de ne pas jouer en plein soleil. Ce serait une prestation en demi-teinte si Mayhem, Marduk ou Enslaved devaient jouer en plein soleil avant d’attendre les premières têtes d’affiche de 20 heures ? C’était le cas il y a plus de 10 ans quand Dimmu Borgir, Satyricon, Immortal, Behemoth ou encore Cradle of Filth devaient monter sur les mainstages pour affronter le soleil sous des corpse paints dégoulinant…

Cette année on a eu le droit à beaucoup de folk metal dans une ambiance très calme comme avec Fejd, Myrkur ou Lily Refrains permettant aux festivaliers de reprendre des forces.



Pas franchement satisfait des prestations de Moonsorrow auxquelles j’ai pu assister ces dernières années, je reconnais que cette année j’ai été complètement conquis par les finlandais. Des titres toujours aussi longs mais magnifiquement bien joués. Un bonheur communicatif quand on voit comment les musiciens nous promènent au travers de leurs titres à tiroirs bien remplis.

Crisix est excellent malgré l’absence de leur batteur pour cause de Covid. Ils ont su rebondir en moins de 24 heures en faisant monter sur scène des copains batteurs (Job de Tagada Jones et Chris Williams de Gama Bomb). Les espagnols s’en sortent avec les honneurs sans oublier le dantesque triptyque « Hit the light » / « Walk » / « Antisocial ». Mais franchement je préférais l’ambiance « altarienne » plus confinée, plus puissante avec un meilleur son pour du thrash metal.


Day2


Le temps des cagoules :

L’autre grand moment sous la Temple a été l’arrivée sur scène des pois sauteurs américains J’ai nommé Midnight. La musique est un cocktail énergisant de black ‘n roll à la sauce Motörhead. Ils sont énergiques, ils bougent tout le temps, à rendre le public fou. Ils font tourner en bourrique les caméramen et photographes qui essayent de faire une mise au point correcte alors qu’ils sont cagoulés comme les portugais de Gaerea. Ces derniers ont une mise en scène avec des portes-micros qui ne sont pas sans nous évoquer ceux de Der Weg einer Freiheit. Un show inquiétant au travers d’une mise en scène assez sobre.

Argoat est Mgla sont des valeurs sûres. Le public n’est jamais déçu par leur prestation millimétrée. Les premiers portent le corps paint sous les cagoules tandis que les autres ont enfilé le masque en tissus sous les cagoules. Bien sûr, juste avant on aura versé notre petite larme pour les adieux de Svart Crown à la scène. Le dernier concert d’une belle aventure qui a commencé il y a déjà 18 ans. Heureusement que l’on peut suivre JB Le Bail dans les nouvelles aventures d’Igorrr depuis l’année dernière au travers de ses growls glaçants aux côtés de Gautier Serre.

Le public reste pantois en découvrant la prestation de Sorcerer. C’est impressionnant d’entendre la voix d’Anders Engberg qui peut rivaliser parfois avec Ronnie James Dio ou d’admirer la dextérité de Kristian Niemann sur ses parties de guitare pour des titres flirtant avec un Epic Doom Metal proche d’un Grand Magus.

Plus tard, alors que la majorité des festivaliers se massent devant la bande à Axl Rose d’autres viennent apprécier ou découvrir le gros son bien doom des français de Conviction venu remplacer au dernier moment My Dying Bride. La musique est sombre et pesante. La Altar se remplie au son de gros riffs bien gras et d’une section rythmique extrêmement pesante et dépressive à l’image d’un Vincent Buisson, à la basse, étranglé par le nœud coulant du pendu pendant qu’Olivier Verron grimace dans son micro toujours aussi possédé par sa musique.


Day3


Un des concerts qui marque cette édition est celui de Regarde Les Hommes Tomber V.S. Hangman’s Chair dans la Valley. Le show est hypnotique, lourd et inhabituel.  On ne sait où donner de la tête, entre tous les musiciens qui se trouvent sur scène pendant qu’un drone se balade allègrement sous la tente au-dessus de nos têtes et autour des deux formations françaises. Instant magique où le temps s’est arrêté dans cette chaude après-midi.

Les tôliers sont toujours là :

La référence du doom américains est toujours aussi déjantés avec les grimaces d’un Bobby Liebling qui ne vieillit pas d’un iota et parait toujours aussi dingue avec son regard tout droit sorti de Vol au-dessus d’un nid de coucou.

Le grind/death de Napalm Death resonne encore sous la Altar. Barney est toujours aussi imprévisible dans ses mouvements épileptiques sous le regard amusé d’un Shane Embury chemise fleurie et la basse au niveau des genoux.


Les ex. Kyuss et ex. Queens of the Stone Age, c’est-à-dire Brant Bjork (Guitare/Chant) et Nick Oliveri (Basse/Chant) accompagnés de Ryan Gut à la batterie se retrouvent sous une Valley acquise à la cause. Stöner (quel nom !) va nous faire chavirer en nous rappelant de bons vieux souvenir vécu ici même avec John Garcia avec ses nombreuses formations. Les « sons of the desert » connaissent la recette à base de champignons pour nous faire planer.

Les inclassable Arcturus sous des airs de fous échappés de l’asile, maîtrisent parfaitement les ficelles de leur black metal symphonique et avant-gardiste toujours aussi passionnant à écouter et à regarder. A commencer par ICS Vortex vêtu de sa camisole de force, caché sous ses lunettes d’aviateur qui chante merveilleusement les yeux révulsés. Knut Magne Valle en troubadour guitariste s’amuse et prend visiblement du plaisir à nous observer. Steinar « Sverd » Johnsen sous son casque d’aviateur se cache derrière ses claviers, tandis que le maître incontesté des rythmiques extrêmes, j’ai nommé Hellhammer s’amuse à martyriser ses fûts.



Le blackened death metal du All Stars Band Vltimas donne une énergie à des festivaliers qui en ont bien besoin en ce dernier jour. Les riffs de Rune « Blasphemer » Eriksen et la voix épaisse de David Vincent sont transcendés par la présence impressionnante du chanteur à chapeau de cowboy.

Le death metal de Destruction est toujours aussi puissant et donne à la Altar une vision de guerre atomisée par les riffs aiguisés des allemands. On constate que le petit dernier « Diabolical » se distille parfaitement dans le cocktail de tubes de la setlist.

Chaque festivalier a sa propre vision de son Hellfest entre concerts, scènes, rencontres et ambiance.

Et comme tous les ans après le Hellfest il y aura des gens qui te diront : as-tu vu « machin » sur la scène « truc » ? Et toi de répondre : « bah non j’étais devant « truc » sur la scène « machin » a ce même moment et lui de répondre… « rohhhh tu as raté un « truc » énorme… ». Et ainsi de suite. On aime tous la même musique mais on n’aime pas forcément les mêmes groupes.

C’est l’éternelle discussion dans les bars juste avant ou après un concert qui va rythmer nos soirées jusqu’à l’été prochain.


Day4

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