Le Grand Paris Sludge Festival
Quatrième édition du Grand Paris Sludge, le festival des musiques nobles : doom, sludge stoner.
En coproduction avec Garmonbozia Inc.
Dimanche 24 mai

Grande salle : Truckfighters
Club : Verdun
Grande salle : Alta Rossa
Club : Conviction
Grande salle : Midhaven
Sludge, rock stoner et doom vrombrissant
MIDHAVEN
Pour cette seconde journée du Grand Paris Sludge, c’est le groupe indien Midhaven qui lance le coup d’envoi à 19h20.
Le métal en Inde ne s’est jamais vraiment imposé comme un genre populaire jusqu’à ce qu’Universal Music India signe Midhaven.
Midhaven vient de « Midheaven », qui signifie essentiellement le centre de l’univers. Originaire de Mumbai, la formation date de 2011.
Cette soirée représente leur 19e concert et le démarrage se fait tout en douceur. Le chanteur, Karan Kaul, lance non sans humour : « Nous vous apportons la chaleur de l’Inde ! ».

Avec la température frôlant les 30 degrés, le festival continue de s’embraser. Après un départ en douceur, le groupe appelle au circle pit.
La rythmique est assurée par deux talentueux musiciens : une batteuse, Viraaj Saxena qui tambourine, et Abhishek Sawant, un bassiste qui joue de la six-cordes, instrument plutôt rare dans le milieu rock.
Leur sludge aux riffs massifs et saturés et aux tempos changeants nous met dans une ambiance lourde et introspective. Leur show se compose de morceaux longs et évolutifs.
À la fin de celui-ci, les rayons de soleil balaient les quatre silhouettes et le morceau final clôture ce set indien.
CONVICTION
Le second groupe à se présenter se nomme Conviction. Il s’agit d’une jeune formation française de doom metal, avec un seul album à leur actif.
Originaire de Gisors, en Normandie, Olivier Verron le fonde en 2013. Influencé par des groupes comme Saint Vitus, Pentagram, Cathedral et Count Raven, le quatuor nous plonge directement dans une ambiance sabbathienne.

Leur doom metal se veut traditionnel, lourd, lent et mélancolique, associé aux amplis Orange.
Les riffs de guitares saturés accompagnent la voix grave du chanteur, parfois habité pendant que les fans se balancent au rythme de leur musique, dodelinent les têtes ou se laissent bercer.
Une esthétique fidèle au doom des années 70-90.
ALTA ROSSA
On change d’ambiance avec un autre groupe français Alta Rossa. Une formation encore plus récente, puisque le quatuor naît en 2020 dans la ville de Besançon.
Ces jeunes proposent un doom metal rempli de vitamine C et d’énergie. Comme alerte rouge, ils dénoncent des thématiques liées à la violence sociale, à la condition humaine, à l’effondrement et aux dérives du pouvoir.

Dans leur univers oppressant et cathartique, le chanteur Antoine Lauzel se démène sur scène. Les jeux de lumière nous rappellent l’ambiance du metalcore .
Les morceaux se jouent tantôt dans une certaine lourdeur sludge/doom, tantôt dans l’agressivité hardcore.
Le public réagit plutôt bien et saute comme des Zébulons sur un ressort, transmettant, à son tour, son énergie au groupe.
VERDUN
L’avant-dernier groupe de la soirée et du festival est originaire de Montpellier. Il s’agit de Verdun, un quintette français de doom/sludge parfois blackened sludge sur les sorties récentes de leurs albums.
Leurs principales influences revendiquées sont Pentagram, Saint Vitus, Hawkwind, Electric Wizard et Eyehategod.
Dès les premières notes jouées, dans une atmosphère de plus en plus alourdie par la moiteur de la sueur et les températures grimpantes, on ressent la pesanteur des riffs.

Parfois sur des riffs écrasants, parfois plus psychédéliques, le chanteur se balance au-dessous des spots tandis que le public semble suspendu.
Les têtes lourdes tanguent d’avant en arrière sur le tempo de la batterie. L’ambiance pesante sous les cris du chanteur, David Sadok, rappelle également les influences de Black Sabbath.
TRUCKFIGHTERS
Enfin place aux stars de la soirée, le trio suédois Truckfighters. Il est considéré comme l’un des meilleurs groupes de rock stoner à la fois par leurs fans mais également par Josh Homme de Queens of the Stone Age. Formé par le bassiste Ozo et le guitariste Dango au début des années 2000, le duo revendique un rock stoner purement Kyuss, Fu Manchu.
Chaussé de baskets de couleur orange et équipé d’une genouillère bleue, le guitariste débarque sur les planches, saluant l’audience.
Dès le premier morceau, il commence à parcourir chaque centimètre carré de la scène : il court, saute puis virevolte tout en assurant son jeu à la guitare. Son jeu de scène rappelle un certain Angus Young dans sa jeunesse.
Les fans sont ébahis et à la fin de chaque morceau, une multitude de cornes du diable s’élèvent. Leur son massif, très “fuzz”, résonne et le trio délivre une énergie brute, presque primitive.
Comme un chaos parfaitement contrôlé, ils donnent tout ce qu’ils peuvent. Et le public le leur rend bien. Les crowd surfers s’en donnent à cœur joie et même un gars en fauteuil roulant, porté à bout de bras, atterrit sur scène.
Même si le guitariste tient le devant de la scène et le public en haleine, le jeu de la rythmique n’est pas en reste.
Le batteur et Ozo dégagent également leur propre charisme. Le show arrive à sa fin vers 23h30 et le festival se termine sur une note très rock ‘n’ roll.
« Ça, c’est du rock ! », m’avoue Stéphane Labas, patron de l’Empreinte. Quel incroyable talent, ces Suédois. Et quelle belle programmation pour ce Grand Paris Sludge festival !


































