Among The Living
Live Report

Moz’hell festival 2025 – Day 2

Moz’hell festival 2025 – Day 2

Dimanche 20 juillet – Insming

Photos et textes par Christophe Mielot


Moz'hell festival 2025 


Mekaora

Mekaora se voit confier la tâche de réveiller tout le monde pour entamer le 2eme jour de fest. Avec sa musique aux confins du death mélodique et du metalcore puissant et bien ficelé, le groupe, que j’avais eu l’occasion de voir il y a quelques années à Mennecy, a clairement franchi un cap : la progression est flagrante, et ça fait plaisir à voir.

Dès les premières notes, le ton est donné : ça cogne, ça groove, et ça envoie du lourd sans jamais perdre en précision. Le chanteur, très à l’aise, communique beaucoup avec le public, chauffe la fosse, lance des sourires, et crée une vraie connexion. L’ambiance monte doucement mais sûrement, et le public se chauffe gentiment, prêt à en découdre pour le reste de la journée.

Mekaora a livré un set énergique et sincère. Le genre de concert qui donne le sourire et met tout le monde en condition pour la suite du festival.



Deficiency

Le ciel fait des siennes, la pluie s’invite, et avec elle, les galères techniques… Mais rien n’arrête Deficiency, venu défendre son heavy metal traditionnel avec conviction et énergie sur la scène du Moz’hell.

Passé les 4, 5 premières chansons le set est perturbé par un souci de backline, probablement lié à l’humidité ambiante. Résultat : 15 bonnes minutes de silence forcé, pendant lesquelles le public reste pourtant fidèle au poste, patient et motivé. Et il a bien fait, car une fois les problèmes réglés, le groupe revient encore plus enragé, prêt à tout donner.

Les riffs sont précis, les solos bien sentis, et la voix puissante. C’est classique, mais parfaitement exécuté, avec ce petit supplément d’âme qui fait toute la différence. Le public, resté pendant la coupure, rend bien l’énergie déployée par le groupe dans cette fin de set survoltée.



Olden World Limit

Le Nu Metal a encore de beaux jours devant lui, et Olden World Limit l’a prouvé avec un set aussi bondissant qu’électrique — au sens propre comme au figuré.

Dès les premières secondes, l’ambiance est là : les riffs groovy, les rythmes saccadés, et une énergie débordante qui fait bouger la foule. Le chanteur, véritable pile électrique, ne tient pas en place et rejoint rapidement le pit, histoire de partager la folie avec les festivaliers. Résultat : une ambiance survoltée, des sourires partout, et … un genoux en moins pour le chanteur.

Mais voilà, le sort s’en mêle : problème électrique, et le set est arrêté une bonne vingtaine de minutes en avance.

Olden World Limit a su faire passer son énergie et son groove malgré les aléas techniques. Une prestation courte mais marquante, qui a lancé la journée avec panache et donné envie d’en entendre plus.



Pogo Car Crash Control

Il pleut, il pleut fort — mais rien n’arrête Pogo Car Crash Control. Le groupe de punk rock a livré un set explosif au Moz’hell, sous une pluie battante, avec une énergie qui aurait pu faire évaporer les nuages.

Malgré les conditions météo, le groupe déploie toute son énergie, enchaîne les titres sans relâche, et remercie chaleureusement le public pour sa fidélité et son enthousiasme.

Une prestation pleine de sueur, de pluie et de passion.




Bad Tripes

Après un début de journée bien arrosé, le soleil fait enfin son grand retour sur le site du Moz’hell, juste à temps pour accueillir les marseillais de Bad Tripes et leur univers aussi barré qu’attachant. Le groupe, fidèle à sa réputation, a offert un moment hors du temps, entre rock déglingué, chanson réaliste, et folie douce.

Sur scène, c’est un véritable cabaret punk, un cirque sonore où les textes crus et ciselés se mêlent à des riffs grinçants et des ambiances théâtrales. Les chanteuses embarquent le public dans un monde parallèle où l’absurde côtoie le vrai, et où chaque morceau est une petite pièce de théâtre.

L’ambiance est à la fois légère et intense, comme un grand huit émotionnel. Le public, intrigué puis conquis, se laisse porter par cette énergie unique, entre rires, frissons et réflexions. Et avec le soleil qui tape enfin sur les visages, le moment prend une saveur particulière — comme une parenthèse lumineuse dans l’univers sombre et décalé de Bad Tripes.

Une prestation originale, généreuse et parfaitement assumée, qui a ajouté une belle touche de folie au festival. Bad Tripes ne ressemble à personne, et c’est exactement pour ça qu’on les adore.



 

Pro Pain

Quand Pro Pain monte sur scène, on sait à quoi s’attendre : du hardcore made in NYC, brut, direct, et sans détour. Et au Moz’hell, le groupe n’a pas déçu — bien au contraire. Véritable référence depuis des années, Pro Pain a prouvé qu’il n’a rien perdu de sa rage ni de sa puissance.

Le set démarre sur les chapeaux de roue, et les classiques s’enchaînent sans faiblir. Chaque morceau est une décharge d’adrénaline, portée par une rythmique solide et une voix qui claque comme un coup de poing. Le groupe est en pleine forme, et le public le sent : le pit moshe comme un seul homme, dans une ambiance à la fois furieuse et bon enfant.

Pas de fioritures, pas de discours interminables — juste du son, du vrai, du lourd. Pro Pain déroule son arsenal avec une efficacité redoutable.

Une prestation solide, intense et fédératrice, qui rappelle pourquoi Pro Pain reste une valeur sûre du hardcore international. Au Moz’hell, ils ont mis tout le monde d’accord — et quelques cervicales en vrac.



Drekhund

Dans un festival où les décibels fusent et les murs tremblent, Drekhund a offert une parenthèse singulière et rafraîchissante. Ce duo minimaliste, composé d’un contrebassiste et d’un batteur/guitariste/chanteur multitâche, a débarqué avec son univers rock/blues à la ZZ Top, et a conquis le public avec style.

Pas besoin de gros amplis ni de line-up à rallonge : Drekhund mise sur l’essentiel, et ça fonctionne à merveille. Les riffs sentent la poussière et le whisky, et la contrebasse ajoute une touche chaleureuse et organique à l’ensemble. Le chanteur, à la fois derrière la guitare et la batterie, assure avec une aisance bluffante, donnant au set une allure de performance artisanale, mais parfaitement maîtrisée.

Une prestation simple, sincère et pleine de charme, qui a su capter l’attention et offrir un moment de respiration dans la tempête métallique du festival.


Soulfly  

Quand Max Cavalera monte sur scène, on sait qu’on va prendre une grosse claque, et au Moz’hell, Soulfly n’a pas déçu. Le groupe a livré une prestation ébouriffante, portée par une énergie débordante et une communion totale avec le public.

Dès les premières notes, c’est le chaos : les riffs sont massifs, la batterie martèle sans relâche et tous les musiciens font preuve d’une énergie incroyable. Au bout de quelques titres, Max, fidèle à lui-même, fait chanter le public au son du Berimbau, ce petit instrument brésilien devenu emblématique de ses shows. Un moment presque mystique, où la foule répond en chœur, comme un seul corps vibrant au rythme tribal de Soulfly.

Le set est une déferlante de puissance, les classiques s’enchaînent sans temps mort, et le public est conquis, pogotant et hurlant sur chaque morceau. Et comme si ça ne suffisait pas, en cadeau final, Max balance un « Eye for an Eye » d’anthologie, avec Dino Cazares (Fear Factory) en guest. Deux légendes sur scène, une foule en délire, et une conclusion en forme de coup de poing.

Max Cavalera prouve qu’il en a encore sous la pédale, et que Soulfly reste une machine de guerre scénique. Une prestation intense et généreuse



 

Six Grammes Eight

Il est tard, les jambes sont lourdes, les oreilles sifflent… mais pas question de baisser les bras ! Six Grammes Eight monte sur scène et rappelle à tout le monde que leur hardcore bien énervé, ça ne s’écoute pas assis.

Le groupe balance un set brutal et sans concession, avec une rage communicative qui réveille même les plus épuisés. Malgré deux jours de festival dans les pattes, le public est toujours là, fidèle au poste.

Le chanteur, en pleine forme, harangue la foule, saute partout, et transforme la scène en ring de boxe sonore. L’énergie est palpable, le son est massif, et l’ambiance est celle d’un dernier round qu’on savoure jusqu’au bout.

Une très belle claque, qui prouve que Six Grammes Eight a tout ce qu’il faut pour tenir la scène, même en fin de marathon.




Carpenter Brut

Dans un festival où les guitares hurlent et les batteries cognent, Carpenter Brut a débarqué avec son univers synthwave électro. Et autant le dire tout de suite : la guitare, on l’a à peine entendue. Le set est très électro et très propre — mais pas vraiment ce que j’attends d’un festival metal.

Tout comme le panaché est plus fait pour les amateurs de limonades que pour les amateurs de bière, Carpenter Brut est plus fait pour les amateurs d’electro que pour les amateurs de metal … et pour quelqu’un comme moi élevé à la triple belge ça passe moyen ! Pas de communication avec le public, des beats bien calibrés noyés dans une lumière intense. Une ambiance plus dancefloor que moshpit.

Mais soyons honnêtes : le public danse tout au long de la prestation, et c’est bien là l’essentiel.

Alors, l’affiliation avec la scène metal ? Je ne la comprends pas toujours, mais soit. Carpenter Brut a offert un moment à part, une respiration électro dans le tumulte du Moz’hell. Et même si ce n’est pas ma came, le public s’est éclaté — et c’est ce qui compte



Moz’hell : un festival à taille humaine, entre décibels, découvertes et vraies valeurs

Le Moz’hell Festival a refermé ses portes après deux jours de musique intense, de pluie capricieuse et de belles émotions. Et malgré une météo franchement pas coopérative, le bilan est clair : c’est un très bon festival, bien organisé, sincère, et fidèle à l’esprit rock et metal.

Pas de gros décorum, pas de fioritures inutiles : ici, on revient à l’essentiel. Une scène, des groupes, du public, et une ambiance authentique. Le site a accueilli une belle brochette de groupes français, certains à découvrir, d’autres à redécouvrir, tous portés par une passion palpable et une envie de partager.

La programmation a su mêler les styles — du death old school au punk bondissant, du metalcore enragé à la synthwave électro — avec une belle diversité et une vraie cohérence. Les festivaliers, eux, ont répondu présent, même sous la pluie, même tard dans la nuit, avec une énergie communicative et une fidélité qui fait chaud au cœur.

Et mention spéciale à un détail qui compte : la nourriture, plutôt bonne et abordable, ce qui mérite d’être souligné dans un monde où les frites à 12€ deviennent la norme. Ici, on mange bien sans se ruiner, et ça participe à l’ambiance conviviale du festival.

En résumé, Moz’hell, c’est un vrai bon festival à taille humaine et plein de bonnes surprises. Vivement la prochaine édition !


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