Samaïn Fest 2024
La Mézière – 24 et 25 octobre 2024
La douzième édition du Samaïn Fest se déroule le vendredi 24 et le samedi 25 octobre 2024 dans la salle Cassiopée à La Mézière, à un jet de pierre de Rennes.
Organisé par l’association Sparfell Aoz, le Samaïn Fest se déroule chaque année autour de la fête païenne du Samaïn en soutien à l’école Diwan de Guipel proposant des débats et des animations sur la culture celte au travers de cérémonies, d’initiations à la langue bretonne, d’une conférence du Grand Druide Morgan et bien sûr du metal. Le festival accueille des exposants comme Frozen Records, Les Éditions des Flammes Noires, Happy Princess, Droükspered Rom1 & Deugy et MusikÖ_Eye.
L’affiche de cette douzième édition a rencontré quelques changements à une semaine de l’événement, en raison d’une polémique autour de la programmation puis de la dé-programmation de la tête d’affiche du samedi avec les australiens de Deströyer 666 qui ont souvent foulé les salles et les festivals en France. L’organisation a tout de même réagi en proposant une affiche modifiée à trois jours de l’ouverture avec l’arrivée d’Elisirius et d’Aluk Todolo. Ce dernier en profitera pour jouer son nouvel album Lux en intégralité..
Elisirius
J’arrive pour la première prestation de la journée avec Elisirius. On peut dire que pour leur premier show et pour avoir été prévenu tardivement, les bretons s’en sortent très bien nous proposant un black metal atmosphérique avec les looks qui vont avec. Ils défendent leur premier EP At the End of the Age of the Common Man paru en juillet de cette année. Joli baptême du feu !
Circles ov Hell
Circles ov Hell, (comme Bliss of Flesh) sont passionnés par l’univers de Dante (rien qu’au travers de leur nom déjà). Les deux formations ont été inspirés par les textes de La Divine Comédie. Les nantais sont à l’aise sur scène et le prouvent tout au long de leur set avec des touches symphoniques et les growls imparables de Kratos.
Ende
Pour les avoir déjà vu par le passé on remarque que Ende a bien mûri et a pris de l’ampleur sur scène. Les planches sont un champ de bataille à défendre et il le font bien au travers de I. Luciferia qui prend les retours d’assaut avec ses Rangers vissées dessus et jouant avec le haut de son pied de micro à l’image d’un Mortuus de Marduk. C’est vrai qu’il a du suédois dans leur prestation et c’est avec joie qu’on rentre facilement dans leur show mettant en avant leur déjà longue discographie (6 albums) sans oublier L’aube des anathèmes qui est sorti cette année.
Sang Froid
Au travers d’une musique que l’on qualifie de coldwave et aux accent gothique, Sang Froid (créé par J.J.S.) pose une ambiance originale et décalée par rapport aux autres groupes présents à la Mezière. Les musiciens qui jouent aussi dans Regarde les Hommes Tomber et The Veil savent tenir une scène avec un jeu de lumière en adéquation avec leur musique glaçante et nappée de synthés. Thomas (T.C.) est toujours aussi inspiré et théâtrale, accroché à son micro tout en vivant intensément les textes qui nous distille.
Seth
C’est toujours un immense plaisir de voir Seth sur scène d’autant qu’ils sont là pour défendre le petit dernier La France des maudits qu’ils ont joué au travers l’Europe avec Borknagar et Rotting Christ. On sent bien que les musiciens sont en osmose tellement la prestation est parfaite et toujours aussi théâtrale à observer même si le show « hémoglobiné » de Melaina B ne fait pas parti de la tournée. Avec leurs allures romantiques de vampires, les français sont en phase avec les titres tirés de La morsure du Christ, de Les blessures de l’âme et du dernier album.
Borknagar
Les norvégiens de Borknagar maîtrisent leurs partitions à merveille. Les harmonies vocales donnent des frissons au travers des duo entre ICS Vortex et Lars A. Nedland derrière son clavier. Les musiciens sont statiques sur scène. La bande à Øystein G. Brun nous donne l’impression d’être dans une stavkirke (église médiévale en bois typique de la Norvège), avec un parterre hypnotisé par des mélodies qui nous portent et transportent vers des cieux héroïques gorgés de walkyries au travers de solos cristallins, d’accélérations rythmiques et de voix claires.
Rotting Christ
Pour les avoir vu 3 fois en moins d’une année je pense que je ne me lasserai jamais des grecques de Rotting Christ. La bande des frères Tolis aurait pu écrire « We are the road crew » tellement ils passent leur vie sur les routes. D’ailleurs ça se voit, tellement ils vivent la scène comme si c’était la dernière fois qu’ils montent dessus. Ils sont à l’aise, savent « poser » (mention spéciale à Kostas Heliotis à la basse et à Kostis Foukarakis lors de ses solos nous faisant penser à Slash) pour nous faire headbanguer d’une façon spartiate sur les intemporelles « Aealo », « Kata Ton Daimona Eaytoy », « Grandis Spiritus Diavolos » ou encore « Like Father, Like Son » du dernier album Pro Xristou qui en deviendra une. Le public est conquis, en transe et transpirant à grosse goûte devant ce mur de Thémistocle !
Day 2
Scumslaught
Le punk metal des rennais de Scumslaught vient nous remettre dans le bain pour débuter cette deuxième journée en nous conviant à nous défouler dans son univers fait de cavalcades et de riffs bien trouvés. C’est peut-être simple mais c’est ce qu’on demande tellement ça rentre bien dans la tête.
Mental Vortex
Du côté backstage on entraperçoit les jeunes de Mental Vortex qui officient en terre death/thrash metal avec deux filles au sein du groupe, Anaïs à la guitare et Maria à la batterie. On sent que les copains et la famille sont venus en nombre pour les encourager. le public n’est pas en reste et apprécie aussi et c’est tant mieux pour les locaux de l’étape qui sont loin de s’économiser.
Voight Kampff
Voight Kampff, le groupe de thrash metal technique originaire de Quimper dans le Finistère dont le nom fait référence au film Blade Runner de Ridley Scott et sa machine Voight-Kampff (dispositif mécanique et test imaginaire ayant pour fonction d’identifier des réplicants) fait son retour au Samaïn Fest. Le show est énergique, ils ne sont pas là pour nous preserver à l’image d’un Zardoz à la basse qui ne tient pas en place. La prestation donne chaud et on peut dire que la température à du augmenter de 5° dans la salle après leur passage.
Vortex of End
Les français maîtrisent leur black metal fait de rage, de feux et de sang. Bien grimés mais pas trop éclairés on entraperçoit des corpsepaint dégoulinant de sang et de charbon sur les visages concentrés des musiciens de Vortex of End. Il y a de l’urgence dans leur black metal, on est saisi à la gorge par des riffs malsains et une voix growlée pouvant nous transporter dans les marécages épais et gluants d’un Enfer sur terre qui se forme dans nos têtes.
Aluk Todolo
La prestation d’Aluk Todolo est uniquement éclairée par une ampoule placée au milieu de la scène devant la batterie. Elle est reliée au signal de la guitare et devient la pièce centrale du show avec leur logo, fait du “A” de l’alphabet énochien (le langage des anges) pour unique symbole.
La musique est hypnotique et fait osciller les auditeurs de gauche à droite comme des métronomes reliés aux riffs empruntés au rock psychédélique, au krautrock, au black metal, au noise-rock…
Mercyless
Ça fait du bien de retrouver les français de Mercyless toujours aussi impressionnant sur scène avec leur death old school mais toujours aussi jouissif avec les growls bien en place de Max Otero avant de nous envoyer un break à l’ancienne pour retourner l’assistance. On replonge donc dans ce metal patiné qui peut rendre nostalgique certains quand on écoute « Substance of Purity » ou « Burned at the Stake » de Abject Offerings (4 titres tirés de l’album seront joués ce soir) mais on se rend vite compte que les titres plus récents ne dépareillent pas avec la setlist tant la musique est intense… pour terminer sur une reprise de Death avec « Evil Dead ».
C’est toujours un plaisir intense que de retrouver le Samaïn Fest qui au travers de la musique extrême défend la culture bretonne. L’affiche était belle et quand on voit déjà la longue liste de groupes qui se sont retrouvés dans la salle de la Mezière depuis plus de 10 ans on ne peut espérer que de nouveaux beaux noms pour l’année prochaine venus du Grand Nord.
Et quel bonheur de se trouver dans un festival à taille humaine sous le soleil d’automne où il est facile d’échanger avec les organisateurs, les musiciens, les bénévoles et les festivaliers tous passionnés et venant pour certains de loin pour partager un moment de communion si précieux.












































































