Among The Living
Interview

Interview STONE OF A BITCH

A situation exceptionnelle, rencontre qui ne l’ai pas moins mais en respectant les distances de sécurité. Echange par mail avec Alice et Ludwig, les deux électrons libres de STONE OF A BITCH.

Stone of a bitch

Un mot sur la situation actuelle et comment la vivez-vous ?

On est passés par des phases différentes… stupeur, incrédulité, interrogations, indignation, espoirs… Des réactions d’autant amplifiées par l’échelle hors norme de ces événements.

Vous aviez des projets de tournées promotionnelles j’imagine, comment gérez-vous ça et quels sont vos plans pour maintenir le contact ?

On est entrés en confinement une semaine après la sortie de l’EP, on avait des showcases prévus pour le présenter, qui pour l’instant sont reportés à des dates encore inconnues. Quand les salles retrouveront une visibilité suffisante sur leur reprogrammation, on partagera le nouveau planning, sur notre site web (www.stoneofabitch.com) et les réseaux.

Comment peut-on définir STONE OF A BITCH, tant du point de vue musical que concernant votre duo et votre façon de fonctionner ?

On est un duo, mixte, indépendant, de rock électro-percussif. Une stack électrique (guitares, amplis, effets) et une stack électro (percussions samplées et sequencées, synthés). Quand on compose, on travaille sur de grands bloc-notes multimedias pour y jeter toutes nos idées, musiques, textes, images, films, scenarios. On assemble ces notes pour les grouper dans un ensemble cohérent (album, EP). Sur scène, on incarne Ludwig et Alice, les deux Stone of a Bitch dont notre musique raconte le parcours.

On sent vraiment que vos influences sont bien ancrées outre-manche, et IntimAlicious en est un parfait exemple. Quelles sont les répartitions des influences au sein du groupe ? Qui est plutôt « Electro-pop » et qui plutôt Rock ?

Ça tient bien sûr aux lyrics anglophones, et à nos influences originelles – hip hop/trip hop pour Chris, soul/metal pour Loïc. On se promène sur les ondulations d’un drapeau imaginaire dont les quatre piliers seraient Lauryn Hill, Ben E. King, Alice in Chains, et Björk. Et si on devait hisser ce même drapeau en 2020, ce serait… Eminem, Son Little, Gojira, et…. Björk ! (rires).

Pourquoi être revenu dans les bacs avec un EP plutôt qu’un album complet ?

Après la tournée 2018, on voulait entrer plus en profondeur dans les sons, et développer le matériel qu’on emmène sur scène. Le format EP se prêtait très bien à ces explorations. Aussi, cet EP étant un focus sur Alice, il nous paraissait cohérent qu’on la raconte sur 5 titres – la moitié d’un album, pour la moitié de Stone of a Bitch.

Sur votre premier opus, vous abordiez le thème de la complexité des relations entre les personnes, et d’une certaine nécessité presque vitale de briser le carcan dans lequel on s’installe trop facilement dans nos sociétés modernes (enfin c’est mon interprétation). Quel sont les thèmes que vous développez sur IntimAlicious ?

Ces thèmes sont toujours présents, au travers du filtre d’Alice. On décline les menaces qui pèsent sur elle, à différentes échelles : environnementale (Poison Namaste), identitaire (Roses), émotionnelle (Silk’n SIlver), ainsi que les contradictions de ses ressources intrapersonnelles (Å-Twin, Pulp me in).

Quelles sont vos sources d’inspiration aujourd’hui ?

Tout ce qui est source de réflexion et d’émotion au quotidien. Ça peut être un point de vue donné par un auteur ou un réalisateur dans une interview radio. Ça peut être un film, un bouquin, un article. Ou une situation qu’on traverse. Tout ça nous envoie des rythmes, des notes, des mots.


STONE OF A BITCH intimAlicious


Les compos sont toutes très différentes, tant au niveau du rythme que musicalement. De Pulp Me In à Silk’n Silver on fait le grand écart. Est-ce fondamentalement ce qui vous caractérise d’être aussi imprévisible et libre ?

Cette musique est le reflet de ce qu’Alice et Ludwig traversent. Une journée, une phase de vie, sont pleines de sensations contrastées. Alice et Ludwig sont des esprits libres de leurs mouvements, de leurs opinions, de leurs actes.

A la fin de A-Twin, une voix off cite un texte. Quel est-il ?

C’est un poème d’Alice et Ludwig, un peu l’hymne spirituel d’Intimalicious. Sur l’EP, il est déclamé par l’acteur Francois-Dominique Blin, proche du groupe, qui nous a fait la gentillesse de nous rendre visite au studio accompagné du brillant Matthieu Wassik, musicien et réalisateur de deux clips de notre premier album.

D’ailleurs ce titre a un rythme très mélancolique, par quoi il a été inspiré ?

Ce titre est tellement représentatif de l’âme de Stone of a Bitch. Mélancolique oui, torturé, lancinant, mais aussi empli de foi envers ce jumeau intérieur qui écoute, qui comprend, qui stimule. Et qui pose cette question ; de quelle forme de son innocence doit on se libérer, pour avancer ?

Comment votre duo a-t-il évolué depuis la « petite cylindrée tour » ?

L’expérience de la tournée nous a permis de davantage penser ces titres pour la scène. Dans les grooves, les sons, les structures, les arrangements. Et sur scène, visuellement, les titres sont portés par Ludwig et Alice, qui interprètent l’histoire qui se cache derrière. Notre duo s’est aussi nourri des nombreuses rencontres que l’on a faites pendant et après la tournée. En studio, en résidence, en tournage, entre autres.

Parlez-nous de la pochette et de sa symbolique (les crabes).

L’un de nous a visualisé cette pochette dans son sommeil, quasiment telle quelle. Elle symbolise complètement nos thèmes centraux… l’innocence, la menace. Le contraste entre la tonalité claire de la pochette, et ce que la photo représente, renforce cette notion de contradiction qui nous est chère. Ce visuel et ce qu’il raconte est prolongé dans le poster intérieur, mais, on n’en dit pas plus, le mieux est encore de l’avoir dans les mains !

Est-ce difficile pour une formation comme STONE OF A BITCH de faire sa place dans le milieu musical aujourd’hui face à la profusion des groupes ?

La technologie permet d’être visible, c’est déjà beaucoup. On ne raisonne pas en termes de compétition. Chaque groupe mérite une attention de par sa singularité, son message, et son œuvre. L’essentiel pour nous, est de développer un univers, sincère, le plus riche possible, dans lequel on peut exprimer nos états d’âme et développer notre savoir-faire. Lorsqu’un(e) de nos fans vient nous voir en nous disant qu’on l’a aidé(e) à surmonter une épreuve, ou rendu(e) heureux(se), notre travail prend tout son sens.

Qu’est-ce qui vous fait avancer aujourd’hui ?

Le goût pour la technologie. La passion de l’aventure. L’amour de la musique.

Qu’écoutez-vous en ce moment ? Votre album de chevet.

[Chris] Au lit, je n’écoute pas de musique, j’ai mieux à faire (rires)… Ben quoi ?! Je LIS ! (rires)

[Loïc] Tank & the Bangas, Green balloon. Tant de grâce et de profondeur…

Le mot de la fin est pour vous.

A tous les lecteurs d’Among the living : l’Anthrax, vous maîtrisez ça… Alors faisons la peau à cette B#%tch de corona !!


 

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