Among The Living
Live Report

INFERNO Fest : Norvège 6 au 9 avril 2023

INFERNO Fest
Norvège – du 6 au 9 avril 2023


L’Inferno se déroule chaque année sur le week-end de Pâques à Oslo (Norvège) depuis plus de vingt-deux ans. La programmation y est fortement ancrée dans le Black Metal scandinave et international mais est également ouverte au Death Metal, au Thrash ainsi qu’au Doom. Quel bel échantillon de metal extrême quand on y songe. Les concerts se dérouleront cette année encore au Rockefeller (la grande scène du rez-de -chaussée), et au John Dee (la salle du sous-sol) en alternance.

Ce qui est agréable avec l’Inferno c’est qu’il est possible de se mettre tranquillement dans l’ambiance grâce au « before » dès le mercredi avec une soirée estampillée « Label Indie Recordings Night ». En ce mercredi 5 avril, le plateau est constitué de quelques poulains du Label : Eradikated, Vorbid et In Vain. Le même soir il y avait deux autres concerts sous la bannière de l’Inferno. D’une part on pouvait retrouver Bizarrekult seul au Vaterland Bar. This Gift Is A Curse ayant annulé. D’autre part Imperial Triumphant était prévu avec John Wiese au Blå. Enfin il y avait un autre concert en dehors de l’Inferno proprement dit : la tournée Igorrr / Amenra / Deg Weg Einer Freheit / Hangman’s Chair faisait halte au Vulkan Arena. Il était difficile pour ma part de faire un choix entre ces propositions, mais finalement mon appétence pour le Black Metal avant-gardiste me guida vers le Blå. Et ce fut un très bon choix.

Le dernier album d’Imperial Triumphant « Spirit of Ecstasy » tourne encore avec plaisir chez moi. Il est d’ailleurs chroniqué en ces pages (IMPERIAL TRIUMPHANT – Spirit of Ecstasy – Among The Living). La première partie consistait en un projet noise d’un artiste américain John Wiese. Seul sur scène dans une obscurité très légèrement éclairé il est sur une « machine » et en sort des sons étranges. Cela m’a fait penser au Grec Iannis Xenakis sans les effets de lumières. Ce fut une expérience intéressante, sans plus car difficile d’accès. Juste le temps d’un break et Imperial Triumphant arrive sur scène. Ils attaquent avec « Tower of shame » puis enchaînent avec l’excellent « Chump Change » tous deux extraits du dernier opus. Le groupe est en très grande forme. Le visuel est adéquat avec un beau backdrop plutôt grand par rapport à la taille la salle. Leurs masques sont vraiment en corrélation avec la musique proposée : barrée et tellement diversifiée. Le public, en nombre leur témoigne son enthousiasme. Les New-Yorkais nous feront même le grand plaisir d’un rappel. Je peux dire directement que l’Inferno ne pouvait pas mieux commencer qu’avec ce type de formation.

Setlist Imperial Triumphant :
Tower of shame/Chump change
Metrovertigo
Atomic age
Devs
Transmission
Chernobyl
Death
Cosmo
Rotted
Swarming
Jour 1 – Jeudi 06 Avril

Le jour « J » est arrivé, l’Inferno 2023 commence. Une légère neige tombe comme un souffle glacial en forme d’introduction.

C’est Nekromantheon (2005) qui ouvre le bal au Rockefeller, une formation de Thrash Metal issue de Kolbotn. Je n’ai malheureusement pas pu assister à leur set, mais pour les avoir déjà vus c’est un groupe qui vaut largement le détour. Leur dernier album « Visions of Trismegistos » est d’ailleurs à recommander aux amateurs du style.

Blood Red Throne (1998) prend la relève au John Dee avec pour mission de remplacer les Ukrainiens de 1914.  Il s’agit d’un bon groupe de Death Metal issu de Kristiansand. D’ailleurs vous pouvez retrouver en ces pages la chronique de leur dernier album « Imperial Congregation » (BLOOD RED THRONE – Imperial Congregation – Among The Living) de 2021. Ça tabasse bien dans les règles de l’art. La brutalité est de mise mais avec des mélodies tout de même. Le chanteur sait y faire sur scène pour mettre l’ambiance. Le public a apprécié leur prestation haute en son. C’était un bon remplacement, mission accomplie donc.

Djevel prend place à son tour sur la main stage du Rockefeller. Créé en 2009 le combo joue à domicile ce jour. Leur dernier opus « Naa skrider natten sort » paru en novembre de l’année dernière est une petite bombe de Black Metal typiquement ancré dans les années 90 dont l’interprétation est riche en atmosphères diverses et variées. La scène est assez sobre avec quelques chandeliers du meilleur effet. Car avec Djevel c’est bien cette ambiance que l’on recherche : celle de la mort, de l’obscurité avec un côté nocturne et mystérieux à l’image de leurs belles pochettes d’albums. Un des titres qui passe bien l’épreuve est « I daudens dimme natt » issu justement du dernier opus. Ce fut un excellent set c’est une évidence, l’interprétation des morceaux était sans faille. Un très bon concert de True Norwegian Black Metal froid, contemplatif et hypnotisant.

Setlist
Englene…
Her er ikke spor …
Det svartner …
Paa vintersti …
Over skriigende…
Ormer til armer…
Maanen…
Doedningeknoker…

Mutilated Tyrant succède à Djevel. Direction le John Dee. La formation issue d’une Réserve Indienne Navajo nous vient directement des Etats-Unis, de Ganado en Arizona pour être plus précis. Sa date de création remonte à 2013. Le combo joue un Black/Death Metal bien exécuté. Le concert débute avec « Ní’hodiłhił First / Black World » issu de leur deuxième démo de 2021. Le chanteur semble dans son élément. Ses vocaux gutturaux sont impressionnants. La prestation fut énergique et intense. « The infernal legions » fait son petit effet. Le concert se clôture avec le titre à l’écriture particulière « Ho’dichiih Dóó Sáji ». Un groupe qui a une bonne énergie qui mérite une reconnaissance. On attend avec impatience leur premier album studio.

Setlist
Ní’hodiłhił First / Black World
Under the cold dark moon
The night’s eternal
The infernal legions
Shadows of a lost soul
My journey
Ho’dichiih Dóó Sáji’

Puis, c’est du très lourd qui débarque sur la main stage avec un de mes groupes favoris de longue date. J’ai nommé Dark Funeral. Les suédois n’ont plus vraiment besoin de présentation. C’est une valeur sûre du style. Leur discographie assez imposante et enviable en dit suffisamment long. La formation de Brutal Black Metal de Stockholm sait faire parler la poudre et la setlist en est témoin. D’emblée on commence fort avec « We are The Apocalypse » qui a un effet foudroyant sur la foule. Le groupe est en grande forme qu’on se le dise. L’enchaînement se fait très naturellement avec « The Arrival Of Satan’s Empire ». Puis vient « My Funeral » un excellent troisième titre bien nuancé dans son genre et on aboutit à une triplette bien rentre-dedans. Le reste du show est du très grand art tout simplement et qui dit art dit : « The Secrets Of The Black Arts » joué à fond les ballons. Le chanteur Heljarmadr est impérial. Dark Funeral me régale avec le fantastique « Let The Devil In » du tout dernier opus paru l’année dernière. Et pour le final un petit en-cas pour la route avec un excellent « Where Shadows Forever Reign » d’anthologie. Le public est en liesse. La mission est largement accomplie.

Setlist
We are apocalypse
The arrival of Satan’s empire
My funeral
The secrets of the black arts
When I’m gone
Nail them to the cross
In the sign of the horns
Unchain my soul
Let the devil in
Where shadows forever reign
Nervosa au John Dee

La formation entièrement féminine originaire du Brésil à la base, puis relocalisée du côté de l’Espagne/Italie/Grèce vient défendre son répertoire Thrash Metal. Son dernier méfait « Perpetual Chaos » sorti en 2021 est un bon cru. Techniquement parlant la formation assure bien, l’énergie est communicative et le plaisir d’être là aussi. De nouveaux fans ont dû être conquis ce soir-là.

Cannibal Corpse au Rockfeller

Ce qui se passera ensuite au Rockfeller, c’est un peu comme si tout s’arrêtait ou presque. En effet, Cannibal Corpse nous a mis il faut bien le dire complètement K.O. sans que nous n’ayons eu le temps de dire « ouf ». Le son fut d’une autre galaxie ce soir. Comme à chaque concert de Cannibal Corpse serait-on tenté de dire. Le collectif américain a fait les choses comme elles se devaient d’être faites : le plus professionnellement possible. C’est simple, précis, brutal, compact avec un son énormissime et d’une clarté irréprochable. Vous cernez l’idée ? Ce Brutal Death Metal exécuté par d’excellents musiciens et une setlist exemplaire a fait l’unanimité. Jugez-en plutôt : avec l’ouverture sur « Scourge Of Iron », « Inhumane Harvest » issu de l’excellent dernier opus « Violence Unimagined ». Le public est en effusion quand Corpsegrinder (chant) annonce « Fucked With A Knife » ou encore « I Cum Blood ». L’homme au coup de taureau est le frontman parfait. Le final est cataclysmique avec le foudroyant « Stripped, raped and strangled ». Cannibal Corpse forever !

Setlist
Scourge of iron
The time to kill is now
Inhumane harvest
Code of the slashers
Fucked with a knife
The wretched spawn
Kill or become
I cum blood
Evisceration plague
Death walking terror
Necrogenic resurrection
Stripped, raped and strangled
Mork au John Dee

La formation de True Norwegian Black Metal a été créée en 2004 à Halden sous la forme d’un one man band mené par le chanteur guitariste Thomas Eriksen. Le dernier album « Dypet » (MORK – Dypet – Among The Living) est paru le 24 mars dernier soit deux petites semaines auparavant. Il fallait être prévoyant cette fois car la salle d’une capacité d’environ cinq cent personnes est archi-comble. Dès l’ouverture des hostilités avec « Kulden » le ton est donné : le groupe a encore progressé depuis la dernière fois et s’avère être complètement dans son élément. Nous avons droit à un set brut, froid voire malsain. « Festningen » est un pur bonheur également. La formation sait piocher dans ses différents albums. Le public est complètement captivé par leur prestation. La setlist est excellente. Le combo clôture en force avec « Dype Røtter ». Un concert mené de main de maître avec conviction et sans compromis. Mork ne déçoit jamais. C’est comme ça.

Setlist
Kulden
Begravet
Festningen
Bortgang
Arv
Opprinnelsen
Da himmelen falt
På tvers av tidene
Dype røtter
Emperor au Rockefeller

Quelle meilleure façon de finir cette journée ? En effet, cette tête d’affiche est somptueuse et magistrale. Comme Dark Funeral, nul besoin de présentation pour les maîtres de cérémonie. Leur Black Metal symphonique et sophistiqué va donner ce qu’il y a de mieux dans le genre. Leur discographie en impose naturellement. Chaque album est une pierre angulaire dans le microcosme du metal extrême.

Inutile de préciser qu’il fallait s’y prendre en avance pour y voir quelque chose correctement. Il y a foule devant la scène, la densité est incroyable. On sent que l’on va assister à un concert d’exception. Emperor ça se déguste et ça se prépare pour en apprécier toutes les subtilités. En amont les albums ont été poncés chez soi. Dès les premières notes on sent que ça va être la guerre, mais du genre raffiné. Et c’est tout à fait possible car Emperor c’est toujours la grande classe. Les Norvégiens vont nous jouer l’album de référence que tout Black Metalleux qui se respecte possède « In The Nightside Eclipse ». Ce chef d’oeuvre est paru en cette année 1994 emblématique et charnière pour le metal que l’on apprécie noir, occulte, mystique et sans compromis. Alors on y va. On est avec eux et ils sont avec nous. Dès que les premières notes du morceau « Into The Infinity Of Thoughts » retentissent dans les enceintes on se sent déjà submergé par l’émotion. La prestation force le respect le plus absolu, le son est fantastique et le groupe joue de façon effrénée. Une fois finie l’interprétation de leur premier album, nous aurons droit à un titre de leur troisième opus « IX equilibrium » : « Curse You All Men », avant de poursuivre avec une très bonne sélection de « Anthems To The Welkin At Dusk » puis « Wordless chamber » de leur quatrième galette « Prometheus – The Discipline Of fire And Demise ». La clôture se fera avec « The Wanderer ». Un show renversant.

Setlist
Nighside INTRO
Into the infinity of thoughts
The burning shadows of silence
Cosmic keys to my creation and times
Towards the pantheon
The majesty of the nightsky
I am the black wizards
Inno A Satana
Opus a Satana OUTRO
Curse you all men
Thus spake the nightspirit
The loss and curse of reverence
Witht strenght I burn
Wordless chamber
Ye entrancemperium
The wanderer OUTRO
Jour 2 – Vendredi 07 Avril

La journée du vendredi 7 avril débute au Rockefeller avec la formation autrichienne de Post/Black Metal Harakiri for The Sky (2011). Leur opus « Mære » paru en 2021 avait été une très bonne surprise (HARAKIRI FOR THE SKY – Maere – Among The Living). Les vocaux de J.J sont très expressifs. Les paroles sont axées sur la dépression, l’addiction, la mort et le suicide. Ce fut un très bon concert émotionnellement parlant.

Ensuite au sous-sol nous retrouvons la formation de Folk Atmosphérique/Black Metal roumaine Dordeduh avec des ex-membres de Negura Bunget, visiblement très attendu à juger par le publique venu en nombre. C’est une musique contemplative, les morceaux sont relativement longs. A titre personnel je ne suis pas plus convaincu que cela par l’évolution du groupe vers plus de Folk même si on sent que l’expérience est là.

Retour vers le Rockefeller pour retrouver une formation légendaire du Black Metal Symphonique. Il s’agit d’Odium (1994). Leur excellent et unique album « The Sad Realm Of Stars » de 1998 n’a cessé de tourner quelques jours avant leur performance histoire de se remettre dans le bain. La dernière fois qu’il jouait à Oslo c’était il y a cinq ans, exactement au même endroit, pour fêter les vingt ans de cet album majeur. Cette année, ce fut à nouveau une véritable déflagration à tous les niveaux. Quel bonheur de pouvoir les revoir ainsi sur scène. Le show débute après une intro avec « Riding The Starwinds », certains morceaux phares sont joués impeccablement tels que « Winterpath » ou encore « Towards The Forest Horizon ». En guise de surprise, nous aurons droit à un nouveau titre intitulé « Infernal conviction ». Le concert se termine sur leur single (2001) « Altering The State Of Being ». Ce fut dantesque.

Darvaza (2015) au John Dee

La formation internationale de Black Metal comprend des membres originaires d’Italie et de Norvège. « Ascending Into Perdition » sorti chez Terratur Possessions en 2022 est un grand moment dans son style. Puissant et dynamique leur répertoire l’est assurément. Les riffs sont excellents, ça sonne authentique et l’aspect occulte est bien présent. Tout comme Odium le combo arbore les corpse-paint traditionnels. Ce fut un déferlement de violence de bout en bout.

Wolves In The Throne Room au Rockefeller

La formation d’Olympia, Washington a mis les petits plats dans les grands en termes de mise en scène. Le backdrop est superbe. Leur Black Metal atmosphérique porté sur la nature, le cosmos et le mysticisme fait mouche en live. Le groupe piochera dans ses deux derniers albums entre autres. Leur show fut majestueux. Et le public leur rendra bien en les acclamant dignement.

Lili Refrain au John Dee

Voilà une artiste pour le moins atypique pour l’Inferno. L’Italienne nous aura bien fait voyager avec sa musique qui fait penser par certains aspects aux excellents Heilung de par son côté tribal. Il est à noter qu’elle a d’ailleurs ouvert pour eux lors de leur concert en France en novembre 2022. Les percussions occupent un rôle central et la guitare sait s’inviter également. Un concert très plaisant et rafraîchissant.

Godflesh au Rockfeller

Venue de Birmingham, la formation s’est arrêtée pendant sept années à partir de 2002 pour revenir sur les devants de la scène en 2009. Le duo (G.C Green et Justin Broadrick) officie dans un Metal Indus expérimental. Ils sont uniquement tous les deux sur scène avec des projections vidéo en arrière-plan. Leur musique fonctionne bien en live. Les basses étaient bien présentes. Le groupe semble bien rodé et à l’aise. Peut-être que ce style aura convaincu une bonne partie du public mais une autre bien plus encline au Metal extrême semblera moins réceptive. En tout cas c’est un groupe légendaire qui avait à mon avis sa place à l’Inferno.

Masacre au John Dee

Maintenant la soirée est bien avancée et la claque arrive pour de bon. Voilà un groupe tellement rare en dehors de ses frontières et qui a un statut de vétéran enviable. La formation de Colombie dont la date de création remonte à 1988 officie dans un Death Metal qui sait jouer d’une vraie agressivité et d’une réelle violence. C’est palpable sur scène. Cette énergie primaire qu’ils renvoient au public est parfaite. On peut noter qu’il y a un bon nombre de représentants d’Amérique Latine ce soir dans la fosse. Il y a une telle intensité sur scène tout comme dans le public, c’est du pur délire. L’audience s’éclate tout bonnement et cette ambiance fait chaud au cœur. Le son est jouissif, le chanteur est un excellent frontman. De toute façon c’est simple ce fut la guerre complète. D’ailleurs il y a un morceau qu’ils ont joué du nom de « La Guerra » : tout un programme. Et puis, que dire de ce final en beauté avec le titre « Death Metal Forever » ? Les Colombiens nous ont tout donné. Il faut dire qu’ils avaient l’air tellement contents d’être là sur une scène Norvégienne. Ce fut le concert du jour sans conteste. Respect total.

Setlist
Intro. Requiem.
Cortejo fúnebre.
Justicia ramera.
La guerra.
Escoria.
Exodo.
Sangrienta muerte.
Brutales masacres.
Imperio del terror.
Ola de violencia.
Death Metal forever.
Amorphis au Rockfeller

Les Finlandais avait la lourde tâche de clôturer ce jour 2.

La carrière du combo peut se scinder en deux parties. Une première plus typée Death Metal mélodique et progressif et une suivante plus Heavy Metal mélodique. De la première partie nous aurons droit à deux pistes essentielles de l’album « Tales From The Thousand Lakes » à savoir « Into Hiding » et « Black Winter Day ». Concernant la seconde partie de leur carrière, le groupe fera la promotion de son dernier album intitulé « Halo » sorti il y a an avec des titres tels que « Northwards » en ouverture de ce concert. Il enchaînera avec le deuxième morceau de l’album « On the dark waters ». Puis un peu plus tard « The moon » et enfin « Seven roads come together ». Il finira son show avec un morceau relativement tranquille de l’album « Elegy » : « My kantele ». C’est une sorte de balade à la cool. Une façon de finir sur une note plus en nuances. Le groupe assurera un show professionnel à souhait.

Setlist
Northwards.
On the dark waters.
Bad Blood.
Silver Bride.
Into hiding.
Wrong direction.
The moon.
Seven roads come together.
Sampo.
Heart of the giant.
Black winter day.
My kantele.
Jour 3 – Samedi 08 Avril

On débute aux environs de 16h30 au Rockefeller avec Vemod (2000) qui officie à l’origine dans un Black Metal atmosphérique. Même si le groupe semble préférer aujourd’hui l’étiquette Dark Ethereal Metal. Leur seul album « Venter På Stormene » est vraiment très bon dans son style. Le choix prédominant des lights est bleu et cela colle parfaitement à leur univers pensif, mélancolique et proche de la nature. Le groupe, très présent en Norvège joue peu en dehors de ses frontières, mais c’est toujours une expérience à part entière en concert. Un moment en définitive.

Puisqu’il faut parfois faire des choix, je ferai l’impasse sur Dwaal au John Dee. Un groupe d’Oslo créé en 2014. D’après les dires d’un des membres il s’agit d’un mix entre My Dying Bride et Cult Of Luna. Leur album « Gospel Of The Vile » paru en 2020 via Dark Essence Records vaut le détour. Pour les amateurs de Sludge/Post Metal.

Sakis Tolis au Rockefeller

Une des exclusivités de cette édition résidait bien sûr dans l’apparition sur scène de Sakis Tolis. Le guitariste/chanteur de Rotting Christ vient se faire plaisir tout simplement et jouer son album solo « Among The Fires Of Hell » dans son intégralité pour la première fois visiblement. Et cela se ressent. C’est un pur bonheur. Le show s’avère puissant du début jusqu’à la fin. Les vocaux de Sakis sont tout simplement parfaits. Un moment fort de ce concert est l’interprétation de « We the fallen angels » ainsi qu’une cover de Daemonia Nymphe « Nocturnal Nymphe ». C’est une grande prestation. Le public est aux anges.

Setlist
The Silence
My Salvation
Among the Fires of Hell
The Dawn Of A New Age
We the Fallen Angels
Ad Astra
Live With Passion – Die With Honour
I Name You Under Our Cult
Nocturnal Hecate
Dold Vorde Ens Navn au John Dee

Dold Vorde Ens Navn est le nouveau super projet de Vicotnik l’homme-orchestre de Dødheimsgard et Strid (Entretien avec Vicotnik (Dødheimsgard, Dold Vorde Ens Navn, Ved Buens Ende) – Among The Living). Au niveau du line-up on retrouve Cerberus (ex- Dødheimsgard) à la basse, Myrvoll à la batterie (Dødheimsgard et Nidingr) et Haavard (ex-Ulver entre autres). Au programme un excellent Black Metal typé des années 90.

Vicotnik s’avère être toujours aussi charismatique. La formation joue sept morceaux du premier et unique album « Mørkere » et un titre de leur EP « Gjengangere i hjertets mørke ». Le public aura dégusté cette prestation exceptionnelle de bout en bout et le fera savoir de façon exaltée et bruyante à souhait. La prochaine fois verra-t-elle la formation fouler les planches du Rockefeller ? Elle le mérite amplement.

Setlist
Er det måneskinn
Jeg vil ha det mørkere
Syke hjerter
Arvesynden
Det falt et lys i min mørke krok
Vitnesbyrd
Løgnens abstinenser
Determinismens paradok
Arcturus au Rockefeller

Arcturus investit la scène avec environ quinze minutes de retard. Malheureusement, l’incidence aura un impact : celui de voir la setlist tronquée de ses deux derniers morceaux. Pour le reste c’est un vrai spectacle que nous offre la formation norvégienne d’avant-garde progressive metal. La foule est peut-être un poil moins compact que ce que j’escomptais en tant que fan de leur répertoire mais il y a tout de même beaucoup de monde. Et le public est super enthousiaste, aucun doute là-dessus. Hellhammer a tout donné ce soir-là une fois de plus. La voix de Vortex est toujours aussi sublime et Sverd assure comme un chef. « Master Of Disguise », « Nightmare Heaven » et « The Chaos Path » constituaient une triplette de folie. « Crashland » était fabuleux également. Sur « Evacuation Code Deciphered » nous avons droit à l’arrivée sur scène de la Silje Wergeland l’actuelle chanteuse de The Gathering qui avait enregistré avec eux ces morceaux issus de l’album ‘Sideshow Symphonies » en 2005. Visiblement c’était la première fois qu’ils jouaient ce morceau ensemble.

Setlist
Master of Disguise
Nightmare Heaven
The Chaos Path
Alone
Collapse Generation
Crashland
Evacuation Code Deciphered
Shipwrecked Frontier Pioneer
Svalbard au John Dee

Retour au John Dee avec Svalbard et son Post/Metal. Les anglais menés par une chanteuse énergique, Serena Cherry, proposent un mélange de Hardcore, post/metal et quelques touches de Black. A découvrir.

Setlist
Throw Your Heart Away
Disparity
Open Wound
Click Bait
The Currency of Beauty
Eternal Spirits
Nile au Rockefeller

A la suite de ça une véritable claque dans tous les sens du terme arrive avec les Death Metalleux passionnés de pharaons. J’ai nommé Nile. Ce fut un concert incroyable. D’abord une belle mise en scène et surtout le niveau des musiciens est tout bonnement hallucinant. Et puis cette foule dense et compacte marque les esprits. Ce mix étonnamment équilibré entre technicité et brutalité force le respect. Et puis cette discographie. Un des concerts où l’on retrouve des circle-pits pour l’occasion ce qui n’est pas si évident de prime abord à l’Inferno connu pour ses affiches bien typés Black Metal à la scandinave. Karl Sanders était impérial tout comme l’ensemble du combo. « Defiling the gates of Ishtar » et « Black seeds of Vengeance » furent intenses assurément. Un concert d’anthologie.

Gaerea au John Dee

La formation portugaise qui monte en termes de reconnaissance jouera devant une salle archi pleine. Le combo a trois albums à son actif dont le dernier s’intitule « Mirage ». Gaerea propose un Black Metal avec quelques influences Death. Le collectif encagoulé fait montre d’une vraie expérience. Le chanteur est volubile et ça joue serré derrière.

Setlist
Mantle
Deluge
Salve
Absent
Conspiranoia
Null
Mirage
Laude
Watain au Rockefeller

Qui de mieux que les Suédois pour clôturer cette journée du samedi sur la main stage ? Bien sûr sur scène c’est la totale avec les bougies, des crânes et surtout le feu. C’est à un véritable baptême du feu qu’on a eu droit avec Eric Danielsson et ses acolytes. »Sworn To The Dark » fut géant à bien des égards tout comme « The Howling », « Serimosa », « Devil’s Blood » et bien sûr « Malfeitor ». Toute la setlist était ultra cohérente. Watain demeure contre vents et marées une valeur sûre du Black Metal suédois sur scène et sur albums.

Setlist
Night Vision
Ecstasies in Night Infinite
Legions of the Black Light
The Howling
Reaping Death
Sworn to the Dark
Serimosa
Devil’s Blood
Total Funeral
On Horns Impaled
Malfeitor
Waters of Ain
Jour 4 – Dimanche 09 Avril

 

Urgehal aura été avec Odium une des exclusivités et tout bonnement une des meilleures prestations de cette nouvelle édition de l’Inferno. Il s’agit de noter que cette prestation comme les autres concerts donnés par eux est un hommage à Trondr Nefas décédé en 2012. La formation débute les hostilités avec le foudroyant « Goatcraft Torment » et sa célèbre phrase d’intro : « This is satanic Black Metal ». Tout un programme. En effet les musiciens arborent les corpse paint traditionnels de la seconde vague du Black Metal norvégien. Le chanteur Morten Shax (Endezzma) n’est pas en reste. Il fait le show, on peut le dire, d’une façon très concluante. Il est à noter que la particularité d’Urgehal est d’avoir deux chanteurs : Morten Shax (Endezzma) et celui de Beastcraft. Ils se partageront la scène pour la clôture du concert.

Setlist
Goatcraft Torment
Antireligios
Dodsmarsj Til Helvete
Satanic Black Metal In Hell
Nekromisanthrop
Stesolid
Necessity
Eternal Eclipse
Mirror Nefas
Afsky au John Dee

La suite des événements se passe au John Dee avec les danois d’Afsky. Cette jeune formation issue de Copenhague (créé en 2015) a sorti un excellent album intitulé « Om hundrede år » il y a à peine un mois. Il est à noter que le groupe avait fait la première partie de la tournée scandinave de Mork en automne 2021. Un des très bons moments restera l’interprétation du morceau « Vættekongen » issu de leur premier album « Sorg ». Le groupe fait alors montre d’intensité et d’une très bonne maîtrise de leur répertoire fidèlement repris sur scène.

Crowbar au Rockefeller

Il est temps de reprendre la direction du Rockefeller pour assister au concert attendu de Crowbar et leur sludge de la Nouvelle Orléans. Le combo avait eu l’occasion de se produire à l’Inferno 2017. Le groupe est une légende vivante dans son style. Ce sont d’ailleurs des pionniers. Il aura délivré un show vraiment tout ce qu’il y a de plus heavy dans le genre. Le son est tout bonnement excellent. « I feel the burning sun » est un blast. Ce fut un set imposant.

Setlist
High rate extinction
Fixation
Chemical Godz
I feel the burning sun
Existence is punishment
Bleeding from every hole
All I had (I gave)
Planets Collide
Like broken glass
No quarter
Fleshmeadow au John Dee

Il s’agit d’une jeune formation norvégienne issue d’Oslo créé en 2013. Elle pratique un Black Metal technique et a à son actif un album et deux EP dont le petit dernier « Domus Cadavra » date de cette année. Le groupe sait se montrer convaincant lorsqu’il joue « Isolation » de son premier album « Umbra » bien mélodique et brutal au demeurant. Pas encore signé, ils le mériteraient amplement vu la qualité de leur répertoire. Ce fut une bonne prestation. Et il y eut une bonne réception de la part du public.

Uada au Rockefeller

Retour sur la scène principale pour les très attendus Uada. La formation de Portland, Oregon est active depuis 2014 et elle est forte de trois albums dont l’excellent « Djinn » de 2020. Le groupe dispose d’une très belle mise en scène. Le grand backdrop est magnifique. Parmi les très grands moments je noterai tout particulièrement l’interprétation fantastique de « Retraversing the void », « Cult of a dying sun » et « Black autumn White spring ». Le collectif pioche allègrement dans leurs trois albums. Le son s’avère être très bon. Le groupe encapuchonné fait partie des grands moments de cet Inferno 2023. Voir leurs silhouettes sur scène est toujours un plaisir.

Setlist
Djinn
The great mirage
In the absence of matter
Retraversing the void
Cult of a dying sun
Black autumn White spring
Slegest au John Dee

On peut noter un changement d’ambiance avec les norvégiens de Slegest. Ils sont venus remplacer Vredehammer. Leur dernier album en date « Avstand » est sorti en janvier via Dark Essence. On assiste à un concert de Blackened Doom Metal assez pêchu. Les sonorités sont plus rock d’emblée et le saxophone peut s’avérer bien rafraichissant. C’est un autre style qui ne m’a pas convaincu plus que cela.

Abbath au Rockefeller

Ensuite on va se diriger vers la main stage pour voir The Mighty Abbath. Alors que va-t-il se passer avec notre homme de Bergen ? De l’eau s’est écoulé sous les ponts et la sobriété semble être de mise depuis environ deux bonnes années. La setlist est bien huilée, « The Artifex », « Hecate » et « Harvest Pyre » issus de « Outstrider » font leur petit effet. « Acid Haze » du dernier opus « Dread Reaver » s’avère être taillée pour le live. Le premier album sera très bien représenté aussi. Il manquait peut-être juste « Winterbane » pour avoir l’intégrale. On prend comme d’habitude un plaisir non feint et le groupe qui l’accompagne dont l’excellent Ole à la guitare fait des merveilles. Et on peut dire qu’Abbath fait un retour en force après ces dernières années difficiles à gérer. On en redemande.

Setlist
Triumph
Battalions
The artifex
Count the dead
Ashes of the damned
Dream cull
Hecate
Root of the mountain
Fenrir hunts
Harvest pyre
Acid haze
Bridge of spasms
Unleashed au John Dee

Le combo de Viking/Death Metal assure depuis 1989 sans se soucier des modes et c’est toujours un show « direct in your face » avec des compos taillées pour le live.  Le groupe a de quoi faire en termes de morceaux à proposer et il le fait très bien. La sélection est exemplaire et sa thématique sur les vikings est indissociable de leur package. « Hammer Battalion » et « Into Glory Ride » sont des grands moments. Et que dire de « Death Metal Victory » ? Le public est heureux et le fait savoir. « You Are The Warrior ! » leur dernier single sorti l’année dernière est joué et c’est un vrai bonheur à entendre en live. Un très bon concert des vikings.

Setlist
To Asgaard we fly
Lead us into war
The longships are coming
No sign of life
Midvinterblot
Elder au Rockefeller

Le final est pour le groupe Elder.  Originaires des Etats-Unis mais relocaliser en Allemagne, nous avons face à nous un mix de Stoner Metal/Progressive Rock. L’Inferno nous prouve ainsi en clôturant qu’il a toujours eu cette ouverture d’esprit et apprécie ce style. Il est bon de se rappeler qu’Electric Wizard et son Doom/stoner y jouait aussi en 2018. La scène est globalement dépouillée c’est à dire qu’il n’y a pas de backdrop. Juste les musiciens qui assurent leur set comme il se doit. Et ça joue pro. Un peu moins mon style mais respect. Une manière de finir à la cool en somme sur une note plus tranquille.

Setlist
Catastasis
Thousand Hands
Lore
Merged in Dreams – Ne Plus Ultra
Halcyon
Coalescence
Gemini

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