Among The Living
Live Report

Hellfest 2022 – Part I : Hot Hot Hot

HELLFEST Open Air 2022 – Part I

Photos by Thomas Orlanth 

 

Quand Clisson se transforme en « Cuisson » pour ce premier week-end. On ne peut qu’être admiratif des musiciens, qui pour certains jouent au soleil, tandis que d’autres, doivent porter leurs tenus de scène bien épaisses sous des températures caniculaires devant des flammes et sous des jeux de lumière qui chauffent les planches et les corps.

 

Vendredi – 17/06

 

Mortis Mutilati

En arrivant presqu’à la fin de la prestation de Mortis Mutilati on imagine les corpse paints dégoulinant sur le visage et dans les yeux des musiciens alors que la première journée ne fait que commencer. Le dress code est respecté pour les amateurs de black metal mais je suis sûr qu’ils se sont jetés sous des douches froides après leur excellente prestation qui ouvrait les hostilités sous la Temple.

Laura Cox

La jeune guitariste française et talentueuse est visiblement très heureuse de jouer sur la Main stage 2 au Hellfest. Elle porte un T-shirt Lynyrd Skynyrd qui nous rappelle que les américains nous avaient délivrés une des plus belles performances de l’année 2019. Son Classic Hard Rock passe bien : ça fait headbangers la foule et ça donne envie de taper du pied pour donner le rythme. Elle est motivée et en profite pour faire la promotion de son futur troisième album qui va bientôt sortir en nous faisant écouter en avant-première le titre « Swing It Out ».

Ferocious Dog

Changement de décor avec Ferocious Dog et leur immense backdrop… La musique celtique est à la fête. C’est un amuse-bouche avant les Dropkick Murphys qui joueront sur la même scène le soir même. Ils sont anglais mais dans le public on voit des drapeaux irlandais avec la tête de Lemmy. Avec son T-shirt Sea Shepherd, le chanteur sait motiver la foule. Alors que des circle pits tournent dans les premiers rangs dans une ambiance festive, il demande aux gens de s’asseoir, avant qu’un coup de violon leur donne le « top départ » pour se lever d’un coup donnant à cette masse de personnes une impressions de vague venant déferler vers la scène. Et c’est reparti pour une ambiance Fest-noz survitaminée avec une touche punk sous les gouttelettes de pluie envoyer par les pompiers afin d’hydrater le public déjà chauffé à blanc.

Higher Power

Un petit passage sur la Warzone pour découvrir Higher Power qui impressionne au début par leur hardcore bien ficelé mais qui propose trop de plages ambiantes au milieu des titres qui cassent le rythme. Le public est prêt à en découdre mais se sent bien seul quand la machine anglaise hybride passe de l’essence à l’électrique.

Enforced

Les amateurs de bon thrash sont là ! Le backdrop d’Enforced paraît minuscule par rapport à la hauteur de la Altar mais le talent est grand sur scène. Pas de temps mort, les titres s’enchaînent non-stop. Je me sens protéger des mauvaises ondes car j’ai un cardinal tout de rouge vêtu à côté de moi. Il fait tellement chaud qu’il y a un mec, pour éviter de Headbangers, possède une pancarte en carton représentant un homme en train de… headbanguer bien sûr…

 

Mephorash

Visiblement il ne doit pas faire assez chaud pour les musiciens de Mephorash puisqu’ils portent des masques et sont bien emmitouflés dans leurs vêtements devant des grosses flammes qui brûlent sur le devant de la scène devant leurs pieds de micro. C’est un black métal orthodoxe venu de Suède, donc basé sur un côté très cérémonial, avec des voix enregistrées pour l’ambiance. C’est un petit peu linéaire et ça manque de conviction, genre de Behemoth de 3e division.

Elder

Pendant ce temps-là sous la Valley, Elder distille un bon gros sont bien stoner avec de très jolies mélodies enivrantes qui nous permet de planer sous les effluves de chaleur, de transpiration et de cigarettes qui font rire. Les américains savent y faire pour créer une bonne ambiance communicative avec un public qui n’attend que ça pour décoller.

 

Cadaver

Retour vers la Altar ou les norvégiens de Cadaver sous un backdrop représentant une œuvre de Hieronymus Bosch ouevrent dans un death technique avec comme originalité un bassiste qui joue sur une contrebasse électrique donnant un son particulier aux titres complexes qui nous balancent sans complexe.

Il faut slalomer entre les festivaliers qui circulent entre les scènes pour rejoindre un VIP chauffé à blanc pour interviewer Sakis Tolis de Rotting Christ à l’extérieur car il est impossible de le faire dans les box ou la température doit atteindre les 50°C.

 

Seth

La prestation de Seth est somptueuse. Comme d’habitude le show est millimétré. C’est aussi bien que la dernière fois où on les avait vu à Paris dans le Petit Bain qui débordait. L’autel est plus grand avec la Sainte Vierge en bonne place. Saint-Vincent sait gérer une scène en haranguant la foule au bon moment tout en croisant le fer pendant que les guitaristes maquillés restent concentrés sur leur manche de guitare. Le set nous offre à nouveau le bonheur d’écouter les titres de La Morsure du Christ qui s’imbriquent parfaitement avec ceux de Les Blessures de l’âme. Le show se conclu comme à Paris par le passage de Melainya qui fera encore plus chauffer la température ambiante par un final bien satanique où l’hémoglobine coule à flots. D’ailleurs il fait tellement chaud qu’elle n’arrive pas à allumer les bougies tandis que nous, spectateurs ont fond comme des candélabres lors de l’incendie de NotreDame.

Il est temps d’aller voir la nouvelle statue gigantesque de Lemmy. Elle est beaucoup plus design et moderne.  Cela fait du bien de traîner sous des brumisateurs géants (système intelligent d’envoi d’eau dans des machines qui généralement à la montagne envoient des gouttelettes d’eau dans les stations de ski pour faire de la neige.) Aujourd’hui on ne risque pas d’enfiler les combinaisons de ski et c’est une douche géante qui nous permet de faire baisser la température du corps. Moments exquis…vite perdu au bout de quelques minutes quand on s’éloigne du lieu.

Mordred

Avec un gros son de basse et un chanteur remonté à bloc, un DJ qui joue avec ses platines et des guitaristes bien thrash, les Américains de la Bay Area nous sortent un genre de funk avec une base « Death Angel » gorgée de solos tous plus beaux les uns que les autres… Le chanteur qui a un faux air de Mick Patton (même dans sa façon de chanter) se déhanche sur scène pendant les scratches du DJ…

 

Necrophobic

Plus loin sous la Altar on retrouve une ambiance « cuir, croix et clous » à l’ancienne avec Necrophobic. Les Suédois sont remontés comme des coucous suisses. Le chanteur avec ses yeux exorbités scrute la foule, les fait participer au son de « Mark of the Necrogram » ou de « Tsar Bomba ». L’ambiance décolle au fur et à mesure que les Suédois enchaînent les titres. Les tubes s’enchaînent comme les gouttes de sueur qui coulent dans nos dos.

 

Rotting Christ

Maintenant on a l’impression d’être dans un micro-ondes et que notre cerveau ne va pas tarder à exploser tellement la chaleur atteint des sommets. Rotting Christ est là ! Tous de cuir vêtu, les Grecs ne semble pas souffrir de la chaleur. Le mid-tempo spartiate donne le ton sous la tente. Les refrains sont repris en chœur par les fans. Entre les titres les musiciens se retournent et se recueillent devant la batterie pendant que des bandes enregistrées diffusent le son de la voix d’un pope déjanté. L’ambiance liturgique décolle à coup de Wall of Death.

High on Fire

Matt Pike de High on Fire déboule toujours torse nu sur scène. Le trio fait dans les bons gros riff bien gras, comme sa voix…Le sol vibre à coup de basse pendant qu’il hurle dans le micro. Même si le public a chaud il est quand même déchaîné. Comment résister à ce déluge de riffs.  Je transpire tellement que sur mon T-shirt les traces de sel ont dessiné un logo de groupe de black métal que je ne connais même pas…

A la fin du show, la mélodie jouée à la guitare sur « Snakes for the Divine » est toujours aussi grisante et divin : grandiose. Quelle claque !

 

Primordial

Primordial nous fait à peu près la moitié du show de la Machine du Moulin Rouge de Paris du 14 avril. Il y a deux drapeaux irlandais qui flotte devant la Temple. La rythmique sur « To Hell or the Hangman » sonne terriblement industriel et fait danser certaines personnes dans une transe décomplexée. Show magique comme toujours. Les irlandais savent y faire pour nous sortir un show tourbé et tellement sincère.

Abbath

C’est sur une scène remplie de brouillard norvégien qu’arrivent Abbath et ses musiciens. Le maître est en forme et ses petits pas de crabe au début du set nous font toujours autant plaisir à regarder. Les lights sous la Temple sont toujours aussi éblouissants. Pas très évident pour les photographes. On apprécie plus le jeu de lumière quand on est au fond de la salle.

Electric Wizard

Electric Wizard Atomise la Valley. Le son est compact et massif. Ils enchaînent les tubes sous des vidéos érotico-gore chères à Jus Osborne. Parfois les images stroboscopiques nous donnent le tournis, pendant que le guitariste-chanteur n’hésite pas à accorder lui-même sa guitare entre deux morceaux. Assurément la claque de la soirée.

 

Mayhem

Les musiciens de Mayhem baignent dans une lumière blanche en contre-jour avec des fumigènes rampant jusqu’au-devant de la scène. Le show est bien réglé maintenant, toujours partagé en 3 actes. Les titres s’enchaînent de la même manière qu’à la Machine du Moulin Rouge en faisant l’impasse sur quelques titres sur les deux premiers actes. Necrobutcher déambule, la basse en avant scrutant le public déchainé pendant qu’un Attila toujours aussi possédé tournoie sur scène tout en faisant le show avec sa cape et ses os.

 

 

Samedi – 18/06

 

Aktarum

La Temple est déjà remplie. Quelle fête ! Les païens sont de retour. Le son des flûtes enregistrées donne le ton. Rien de tel pour commencer la journée. Corpse paint païen, cornes devant le micro, Il y a du slam dans la salle. Sur la fin le chanteur va sortir la guitare synthé pour accompagner les autres musiciens. Cela fait extrêmement plaisir de voir une entame de journée de festival aussi énergique.

 

Rectal Smegma

Ne nous attardons pas sur le nom qui en a fait rire plus d’un avec des blagues-à-gogo. À l’image du backdrop où la couleur fluo est omniprésente on la retrouve sur le short du chanteur tatoué qui passe son set à sauter dans tous les sens. Le guitariste aussi a sa petite touche personnelle de fluo avec sa guitare. Le chanteur me fait penser à James Pligge de Harm’s Way avec sa façon athlétique de faire sa séance de sport sur scène. Les temps morts entre les titres sont trop longs et cassent la dynamique de la prestation musicale qui n’est pas faite pour ça.  Même si sa voix de cochon égorgé fait son petit effet on s’attendait quand même à mieux…

 

Helheim

20 minutes avant de monter sur scène le bassiste-chanteur et le guitariste de Helheim sont tranquillement en train de siroter une petite bière au bar VIP. Visiblement les norvégiens n’ont pas l’air stressé. Ce ne sont pas des petits jeunes non plus et ils ont l’expérience où le stress ne déteint pas sur leurs peaux blanches nordiques.

Le chanteur a vraiment un faux air à Grutle d’Enslaved… La prestation nous montre un court aperçu de leur longue discographie. Sur certains breaks, voir sur certains refrains les chœurs vikings nous apportent un peu de fraîcheur d’un vent de noroît. C’est du brutal, pas du pagan à paillettes et à accordéons. C’est du black metal venu des fjords qui n’est pas là pour faire danser la foule au rythme de la gigue.

Me and That Man

On va essayer d’éviter de parler toujours de la météo, mais sous la Valley Ça dégouline de chaleur.

Les musiciens de Me and That Man portent tout le couvre-chef sauf le batteur. D’emblée ils envoient des petits rock bien énervé comme avec « Got Your Tongue ». Les musiciens partagent les vocaux. Nergal portant une surjupe par-dessus son jean. Il n’arrête pas de bouger sur scène haranguant le public comme s’il jouait dans Behemoth.

« My Church Is Black » fait toujours son petit succès auprès du public. Il faut reconnaitre que le titre est très bien fait : profond et ensorceleur. Pendant que la country et le blues rock de Me and that Man nous berce un mini drone survole la tente en s’approchant de Nergal qui le salut d’un joli majeur…

Le chanteur nous raconte des anecdotes en nous expliquant que le titre « Coming Home » est une allusion au suicide et que comme il fait chaud, explique aux gens de faire attention s’ils prennent de la cocaïne avant de nous proposer comme dernier titre « Blues & cocaïne ».

Einherjer

Sous la Temple, La sono balance « Long live rock ‘n’roll » de Rainbow avant que les norvégiens en short de Einherjer viennent transpirer à grosses gouttes.

« Hellfest, how are you doing ? ». Ça pourrait aller mieux sous vos latitudes ! Ils mettent toujours à l’honneur l’album Dragons of the North, pièce maitresse de leur discographie. Les titres mid-tempos donnent le rythme aux têtes qui s’agitent dans les premiers rangs. Le public sera récompensé par l’envoi de t-shirts de la part du groupe.

Kampfar

Bonne idée de la part de Kampfar que de faire monter les magnifiques backdrops en même temps que l’intro donnant un côté cérémonial à la prestation. Dolk comme à l’accoutumé growle dans son micro la rangers sur les retours. Les Norvégiens font la part belle à leurs deux derniers album Ofidians manifest. Le show est puissant et bien géré mais on aurait quand même aimé écouter plus de titres des premiers albums.

Taake

Le magicien Host vêtue de sa longue cape noire qui laisse entrapercevoir le drapeau norvégien à l’intérieur se déplace sur scène comme le fameux Nosferatu de Murnau. Depuis qu’il est rasé la comparaison est encore plus flagrante. Il ne tient pas en place, bouge dans tous les sens. Les guitaristes donnent le « la » en headbangant devant leurs retours sur une setlist faisant la part belle aux inévitables de la discographie des norvégiens.

Deep Purple

Le temps passe et Deep Purple est toujours là au Hellfest en 2022. Ian Gilan économise sa voix sur certains passages qui deviennent plus compliqués avec les années qui s’accumulent. C’est sur les mainstages qu’on se rend compte du travail impressionnant de la production. C’est incroyable de voir comment les caméramen arrivent à filmer la prestation. Des gros plans sur les cordes de guitare qui nous permet de voir la dextérité du guitariste Simon McBride (ce n’est pas un inconnu puisqu’il a déjà tourné avec Ian Gillan et Don Airey). Il remplace jusqu’à fin juillet Steve Morse (resté aux côtés de son épouse, atteinte d’un cancer). Les riffs de « Perfect Strangers », « Space Truckin’ » et bien sûr « Smoke on the Water » électrisent la foule qui s’étend à l’infini. Les gens sont serrés. Il est difficile de se déplacer tellement les gens se croisent dans un mouvement perpétuel. Certains s’avancent vers la scène pendant que d’autres les croises pour en revenir. Cela me fait penser au jeu video Snake, dans lequel le joueur dirige un serpent qui grandit et constitue ainsi lui-même un obstacle…

Skåld

Ambiance chamanique sous la Temple. Les français de Skåld nous proposent un moment de grâce bercé par les chants vikings qui sentent les embruns normands. Les instruments traditionnels apportent une délicatesse à l’ambiance qui règnent sous la tente après une journée harassante et gorgée de soleil. Là on reprend pied avec les textes en vieux norrois apportant une légère brise scandinave à la prestation. On en a même l’impression d’être en lévitation au-dessus de galets à peine humides.

Agressor

Comme le dit Alexandre Colin-Tocquaine au début de leur prestation : « On n’était pas prévu au programme mais on est content d’être là. ». Nous aussi car les français vont nous faire plaisir. On en prend plein les oreilles. Le son est puissant et le Death/Thrash Metal délivré est toujours de haute facture comme au Winter Rising Fest l’hiver dernier. Chaque nuance musicale est très bien perçue même du fond de la salle. Chaque solo est merveilleusement bien exécuté et nous permet de survoler la très belle partie de leur discographie des années 90.

Vreid 1184 Show

La production a mis des gros moyens sous la Temple. Le chanteur, Vegard Bakken frère de Valfar qui ressemble assez à son frère tient bien la route. Les guitaristes ne font pas les choses à moitié et sont parfaits dans la réinterprétation des titres de 1184 de Windir. D’ailleurs la setlist respecte à la virgule près le tracklist de l’album sorti en 2001. Seul un « Paint It Black » complètement déjanté de qui vous savez vient couper le set en deux. C’est merveilleux, puissant et très émouvant. L’équilibre entre le côté guerrier et le côté mélancolique de la musique est parfaite, tout comme celui entre un black metal agressif et les sonorités traditionnelles nordiques.

Les anciens compagnons de Valfar peuvent être fiers du travail accompli.

Dimanche – 19/06

La Temple fait Pénitence… Onirique.

Heureusement que les températures sont plus clémentes quand on voit l’accoutrement des musiciens avec leurs masques auréolés. Ces derniers restent très statiques, dans une lumière bleue. L’ambiance cérémonial se mari parfaitement à ce post-black métal sombre et glacial. Non dépourvu de nuance malsaine, il attire les curieux jusqu’au-delà de la tente débordant jusqu’à la Valley.

Sortilège

Retour sur la Mainstage 2. La prestation est belle soignée, le son est parfait. On sent que leur concert pour le Hellfest est important pour eux. Au niveau des vêtements le cuir est de rigueur. Apparemment ils ont un souci avec la batterie qui ne tient pas en place car deux techniciens la maintiennent au sol. Le grand moment c’est lorsque Christian « Zouille » Augustin calme le jeu et interprète « Délire d’un fou ». Quelle aisance à la guitare et au chant. Il est impressionnant d’écouter Zouille atteindre de tels notes dans les aigus. Et comme à chaque fois il est très agréable d’observer la dextérité des musiciens grâce aux écrans géants. On voit le travail de Bruno Ramos sur les cordes de sa guitare. Comment il est à l’aise et comment il arrive à en sortir des notes parfaites. Dans les premiers rangs les fans ne sont pas tout jeunes. Mais Ils connaissent les paroles par cœur à en voir les gros plans lors des refrains. Respect ! Il y a un vrai échange avec le public. À la fin de la prestation Zouille salut le public la main sur le cœur.

Moscou Death Brigade

Ce qui est bien au Hellfest c’est qu’on peut passer d’un groupe français old school 80’ à du post black metal où se retrouver soudain sur la Warzone pour découvrir Moscou Death Brigade. Ce sont des rappeurs russes encagoulés qui arrive sur scène sautillant comme des puces. Ils ont les tenues adéquates : survêtement de banlieue sans oublier le sac en bandoulière.

L’échange avec le public est complètement dingue. Un des roadies arrive sur scène déguisé en crocodile pendant que le DJ fait des petites interludes musicales. Ils défendent l’Ukraine et nous propose d’accueillir des migrants. Les russes ont un discours contre la guerre pour la paix et l’ambiance est survolté.

Battle Beast

Sur la Mainstage 2 on a du « lourd » avec Battle Beast. C’est une femme forte qui s’assume avec sa baguette de majorette à la main, des cornes de sorcière sur la tête avec une tenue « Star Wars abeilles ». Elle possède une voix incroyable et doit posséder plusieurs octaves à son arc. Rien à voir avec Josiane Balasko sans Nuit d’ivresse…

Doro

Les musiciens montent sur scène pendant que sur les écrans géants on entr’aperçoit Doro en train de sautiller backstage avant d’arriver sous les feux de la rampe. C’est une excellente idée : cela donne un côté intimiste toujours agréable à observer avant le début d’un show.

« Ça va bien Hellfest ? » Sur « Burning Witches » tu te rends compte de la classe de la dame. Quelle force, qu’elle « pêche » (désolé). Elle est protégée par tous ses musiciens qui l’entourent. On sent une belle connivence entre eux. Le temps passe mais Doro (tout en cuir) reste la même, souriante chérissant son public. Elle nous a bercé depuis presque 40 ans et assurément nous bercera encore pour longtemps.

Jinger

Actualité oblige les ukrainiens ont ramené énormément de monde devant la scène. C’est inaccessible tellement il y a une foule compacte massée à l’infini devant les écrans. Pour rester en place il faut soulever un pied et faire le flamand rose. Les écrans sont en veille, je recule et tente une approche vers une autre scène…

Gaahls Wyrd

Sous la Temple après la marée humaine de la Mainstage, on peut vivre un concert ou l’air peut enfin circuler. Il est toujours incroyable de voir comment Gaahl possède cette facilité à déambuler lentement sur scène ou de bouger un bras très lentement sur une musique très violente. En revanche, ce n’est pas le cas de Frode qui headbangue comme un damné tout en triturant sa basse. On est relativement gâté. Les norvégiens nous proposent une belle balade dans la longue discographie de Kristian Eivind Espedal, passant de Gorgoroth à Gaahls Wyrd sans oublier Trelldom et God Seed.

 Borknagar

Comme d’habitude on a les lights rouges et bleus de rigueur dans des fumigènes bien épais. Le jeu de lumière était plus intéressant les années précédentes avec des blocs lumières en forme de « 666 », de pentagrammes ou de croix renversées. Le chanteur claviériste Lars « Lazare » Nedland est devant la scène. Les autres musiciens à commencer par ICS Vortex l’entourent tandis que Øystein G. Brun veille au grain. La complexité de la musique progressive élaboré par les Norvégiens est quelque chose d’agréable en ce début de soirée. Cela nous permet de reprendre des forces et d’apprécier la construction de morceaux à tiroirs.

Judas Priest

Que rajouter à une prestation de Judas Priest en 2022 ? Que dire de plus de ce qu’il n’a pas encore été écrit sur les anglais ? L’emprise du temps à très peu d’incidence sur les cordes vocales de Rob Halford, il s’adapte. Les gros plans sur le chanteur nous montrent tout son engagement quand il se force à atteindre une note, facile quand il avait 30 ans mais qui devient périlleuse 40 ans plus tard. On le voit se tendre se pencher en avant et arriver à sortir la note tant attendue. Richie Faulkner et Andy Sneap sont fabuleux et en particulier sur l’enchaînement « The Green Manalishi (With the Two Prong Crown) » et « Diamonds & Rust ». On ressent une certaine connivence entre les musiciens. Ils se regardent tout le temps, un peu comme des vieux briscards qui s’entraident. La setlist est magique et la Harley Davidson reste bien lustrée pour un rappel imparable : « Electric Eye », « Hell Bent for Leather », « Breaking the Law » et « Living After Midnight ». Les Metal Gods ont à nouveau montré qui étaient les Maîtres.

Watain

Les Suédois ont mis les petits plats dans les grands. La scénographie est gigantesque par rapport au concert de Paris. La scène est plus large et donne une vue d’ensemble assez inquiétante avec toutes ces lumières. Tous les tridents sont allumés sur des structures en acier. Les lumières rouges et les fumigènes rampant nous donnent l’impression de traîner dans un cimetière abandonné. Un de ceux dont  personne ne ressort vivant…

Par rapport aux Chaudronneries de Montreuil on a le droit à « Towards the Sanctuary » de Trident Wolf Eclipse et « Leper’s Grace » du dernier album The Agony & Ecstasy of Watain. Ce dernier prouve à nouveau que les derniers brûlots de Watain (avec « Ecstasies in Night Infinite », « Serimosa » et « The Howling » ont fière allure dans la setlist. L’acteur majeur de la scène black metal actuelle a encore montré sa puissance.

 

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